Outrelande

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jeudi 2 juillet 2009

Il pleut des larmes de solitude

Tu ouvres
le livre des répétitions
leitmotivs et refrains
ritournelles, rondes
complainte des saisons
des jours et des nuits
éternel retour du temps qui passe
Tu frissonnes dans l'été

dimanche 28 juin 2009

Le protocole trimestriel

L'autre matin, démoralisée. Il est 5 heures. Le même 5 heures qu'il y a 11 semaines. M'habiller en vitesse. Boire un thé. Câliner les chats. Démarrer la voiture. Rouler. Prendre une autoroute grise et de la vitesse. 90 kilomètres plus tard. Il est 8 heures. Hôpital. Prise de tension. Température. Pesée. Je m'installe dans un fauteuil trop grand et trop haut. Attente. Attente. 10 heures. Voilà l'interne. Bilan habituel. Je donne mes résultats d'analyses. Oui, le wash-out pour éliminer le médicament complémentaire pris pendant des années et dont les effets secondaires devenaient ennuyeux a été pénible à supporter. Mon système digestif en a pris un coup mais se rétablira. Le médicament de substitution, on ne peut rien dire pour l'instant. Mais surveillance étroite du foie requise. Encore une prise de sang. Attente. Attente. Tension qui monte. 12 heures. Enfin l'infirmière entre dans la chambre avec le charriot des perfusions. Elle accroche la machine électronique sur la potence, dispose tout son matériel, me pose le garrot, désinfecte, enfile ses gants, toute une procédure minutieuse à respecter, désinfecte encore, frotte le creux du bras, pique. Je ne sens rien mais je ne regarde pas. Combien de prises de sang, de perfusions depuis combien de temps ? Je me pose la question et j'élude. Ne pas cadrer précisément. Laisser tout cela filer dans le passé. Ne pas projeter l'avenir. Un jour, peut-être... L'infirmière me relie à la machine, lance le goutte à goutte de mon élixir. Attente. Attente. Le concentré de souris se diffuse, je l'imagine circulant dans mes veines, lâcher les petits combattants casqués de bleu qui vont pacifier l'agressivité irraisonnée de mon système immunitaire, transiter vers les membranes attaquées de mes articulations, dresser une barrière de protection. Je feuillète un roman policier, j'écoute ma voisine. 13 heures. Sonnerie de fin de cycle. Branchement du rinçage. Encore 15 minutes et c'est terminé. Dépiquée. 1 heure de surveillance. Plateau repas. Radio des mains et des pieds. Mon bulletin d'hospitalisation pour dans 11 semaines. L'ordonnance des analyses à faire. Coup de tampon sur ma fiche de sortie. Fin du protocole. 14 h 30. Je suis dehors. Délivrance. Toujours cette angoisse incontrôlée d'être retenue de force, de ne plus pouvoir sortir de l'hôpital. Je vois les fleurs dans le parc. Je vois la lumière, le soleil qui filtre par à coups. Je respire. Je prends un café à la petite cafétéria de l'accueil. Le lendemain je suis épuisée mais là je me sens bien. Rémission. Aussitôt tirer un trait. Ne plus y penser. Jusqu'à la prochaine séance.

jeudi 25 juin 2009

Je suis plonk

C'est très gentil de vous enquérir de ce que je deviens, mais je ne deviens tout simplement rien. Effectivement je ne suis pas descendue des nuages. Je brasse du vent, je plume des émotions, j'étouffe dans l'oeuf des rumeurs poisseuses, je tricote de la brume joyeuse. Et je me réjouis toujours en compagnie d'Henri Michaux. Sous son aile immense, j'entremêle les sales lamelles des sentiments. Les couches se superposent ou s'infiltrent. Une larme de rires et une goutte de pleurs, un pied de nez et un coup de dent, une pincée de tendresse et une ligne d'amertume, un pli d'amour et une feuille d'indifférence. Dur dehors et doux dedans dit-il. Mais pour moi je crois bien que c'est largement le contraire.

Je suis gong

Dans le chant de ma colère, il y a un œuf,
Et dans cet œuf il y a ma mère, mon père et mes enfants,
Et dans ce tout il y a joie et tristesse mêlées, et vie.
Grosses tempêtes qui m'avez secouru,
Beau soleil qui m'as contrecarré,
Il y a haine en moi, forte et de date ancienne,
Et pour la beauté on verra plus tard.
Je ne suis, en effet, devenu dur que par lamelles;
Si l'on savait comme je suis resté moelleux au fond.
Je suis gong et ouate et chant neigeux,
Je le dis et j'en suis sûr.

Henri Michaux in Mes propriétés
La nuit remue - Poésie / Gallimard

dimanche 14 juin 2009

J'aime les nuages...


magritte_malediction

La Malédiction de René Magritte


Il existait une merveille dont, enfant, j'attendais mille délices, sans l'avoir jamais approchée. Je ne sais plus qui l'avait évoquée devant moi pour la première fois, ni où ni comment j'en avais entendu parler. Mais je suis sûre de l'avoir repérée auprès du Lonesome Cowboy qui en réclamait parfois dans un saloon du Far West, quand Calamity Jane l'accompagnait : le nuage de lait. Ce délicat nuage flottant au-dessus d'une tasse de thé.
J'imaginais la texture mousseuse et aérienne, les blancs reflets. Je voyais le léger flocon étirer ses vaporeux volutes au-dessus de la surface dorée, s'élevant sous le souffle chaud et parfumé, voguant paresseusement entre les fins bords de porcelaine. Le ciel s'ouvrait, un voile rêveur m'enveloppait. Enfourchant le duvet moutonneux, je voyageais tout là haut avec les oiseaux. Sous le manteau de brume je guettais l'apparition du sphinx, prête à épouser son mystère. Puis, je tapotais amoureusement les bords ouatés en discrets coups de cuillère, dispersant des fragments d'écume, enfin je dégustais la tendre matière, laissant fondre dans ma bouche ce goût cotonneux de Paradis.

Oui, j'ai été déçue lorsque un beau jour dans un salon de thé, un serveur en habit noir a déposé devant ma mère une tasse de thé avec un nuage de lait. Mais j'ai fermé les yeux. Et je laisse murmurer la magie des nuées innumérables...
J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !

mardi 9 juin 2009

Allo la Terre ?

Le film Home distribué à grande échelle me laisse un vrai malaise. Je l'ai survolé d'un oeil rendu nauséeux par les travellings qui distordaient chaque plan, et d'une oreille écoeurée par le sirop qui l'enrobait.

C'est vrai, je ne suis pas très attirée par les photos de Yann Arthus-Bertrand qui exploite sans trêve son filon des vues du ciel et livre des images aussi somptueuses que lisses, aussi virtuoses qu'abstraites. Pourtant, à l'époque où il avait encore les pieds sur terre, j'aimais ses photos de lions, vivantes et drôles. Depuis la Terre vue du ciel, sa production s'est figée en consensuelles images de calendrier.

C'est sûr, le financement du projet par l'un des plus grands groupes du luxe et par un membre du showbizz, la distribution "planétaire" m'ont mise en garde. Le greenwashing a de beaux jours devant lui. François Pinault ne se gêne d'ailleurs pas pour présenter le film comme une "opération". Quand marketing et relations publiques se tiennent par la main...

Dans Home, je n'ai vu qu'une enfilade de somptueux décors de carton-pâte, un étalage des beautés intemporelles de la planète Terre, une mise en scène de la magnificence des réalisations humaines. Tout cela vu de bien haut, de bien loin, planant à mille lieux au-dessus des réalités concrètes de la vie, des problèmes quotidiens. Des images vidées de leur sens, de leur spécificité, exploitées pour produire de belles émotions esthétiques bien calibrées. Désincarnées. Publicitaires. Dont il ne restera pas grand chose. C'est mon ressenti, il se discute. Mais j'ai d'autant plus de mal à imaginer un réel effet de sensibilisation à l'écologie que le message de fond est culpabilisant. Qu'attendre d'un discours qui manie le bâton de la responsabilité individuelle et la carotte de la bonne conscience ?

Bon, même si l'idée ne m'emballe pas, je peux concevoir que ce type de film puisse après tout ouvrir le dialogue sur l'écologie. Il reste que le parti pris esthétisant m'insupporte et me rend le film détestable. Parce que la Terre idéalisée sous de splendides atours est transformée dans Home en une Terre de carte postale, filmée sous ses angles les plus sublimes et pittoresques à grande débauche d'argent et de kérozène, offerte comme un magnifique jouet à s'approprier tranquillement. J'ai du mal à circonscrire cette impression pénible, mais, par son procédé, je ne ressens pas du tout ce film comme un hommage à la beauté menacée de la nature mais profondément comme une injure aux souffrances et au pillage qu'elle endure.

Bien sûr, Yann Arthus-Bertrand n'est pas un documentariste. Les documentaristes qui font oeuvre de réflexion n'ont malheureusement pas une manne financière à leur disposition.

A lire : le billet L'écologie vue du ciel de André Gunthert
Pour sourire (ah, ça fait du bien!) : L'interview (fausse) de Yann Arthus-Bertrand, Je suis tombé de haut

dimanche 7 juin 2009

L'oiseau africain


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La "poule aux mille perles", art populaire de Tanzanie


La légende raconte que la pintade naquit un jour de l'amour et du chagrin. Il y a bien bien longtemps, Méléagre, fils du roi de Calydon, se fourvoya pour l'amour de l'intrépide chasseresse Atalante et s'en vint à tuer ses deux oncles. Sous l'emprise de la douleur, sa mère brisa alors le charme qui liait la vie de Méléagre et celui-ci mourut. Ses sœurs tant aimées, les Méléagrides, terrassées par le chagrin, le pleuraient si violemment que la déesse Artémis transforma ces inconsolables en oiselles, leurs larmes vinrent s'incruster sur leurs plumes, une insatiable capacité à se lamenter leur fut léguée. Dépositaires à jamais de la mémoire fraternelle, les pintades, méléagrides en grec, étaient nées.

C'est pourquoi, si l'on regarde bien leur plumage noir bleuté, on peut voir dans la constellation des gouttes immaculées qui le pare, les larmes autrefois versées. Certains préfèrent imaginer des perles précieuses, car la pintade est aussi oiseau porte-bonheur. Oiseau de paradis, oiseau sacré. Ses traces se lisent jusque dans l'écriture des tombeaux égyptiens, ses empreintes se relèvent au creux des mosaïques byzantines, ses barbillons rouge et noir ornent les peintures du Quattrocento, son image dessine le nom du peuple des Nubiens...

Cet oiseau mythique est vieux comme le monde, la pintade vient de la terre d'Afrique qui a vu naître les premiers hommes, elle est arrivée chez nous avec les navigateurs lusitaniens partis à la recherche d'une route vers les Indes.

Liée à Artémis, déesse de la vie sauvage, la pintade est d'une farouche indépendance. La pintade est une guerrière, une indocile, qui ne s'est jamais vraiment adaptée à la vie en basse-cour. On ne l'enferme pas dans un poulailler, elle prend la clé des champs pour courir la campagne, hanter les buissons. Elle reste profondément l'Oiseau négre, la pintade marronne qui cavalait sur les chemins de la liberté auprès des esclaves en fuite, un symbole de la lutte contre l'esclavage. Une messagère d'un autre monde, d'un ailleurs toujours possible.


Merci à L'Oiseau nègre, l'aventure des pintades dionysiaques, de Jean-Marie Lamblard.

dimanche 31 mai 2009

Chantemerle


pivoine

Chantepleure

Chantecaille fleur des rues
Chantepie fleur des bois
Chanteloup fleur des eaux
Chantamour fleur des nuits
Chantemort fleur des pois

Pleurivresse fruit de l’aube
Pleurétreinte fruit des yeux
Pleuraccueil fruit des mains
Pleurémoi fruit des lèvres
Pleurez-moi fruit du temps.

Robert Desnos in Youki 1930 Poésie

Vendredi 17 heures. J'ai bouclé et rendu un copieux rapport assommant, posté une déclaration d'impôts laborieusement remplie, fait les courses, puis je me suis innocemment rendue chez le garagiste pour un petit taptaptap bizarre et finalement changer deux pneus déformés. En rentrant, j'ai alors senti venir sur moi cet état particulier d'apesanteur qui clôt une fin de chantier. Je suis épuisée, libérée et vacante.

Samedi fin d'après-midi. Je n'ai pas arrêté de dormir, c'est dans une fuite ensommeillée que mon esprit se rassemble. J'ai jardiné en fin de journée. Enlever les anciennes feuilles craquelées, ramasser la légère floraison rouillée de la glycine, déblayer sous les haies, arracher le lavatère qui n'a pas résisté à quelques fortes gelées de cet hiver, couper les têtes fanées des lilas. Je reprends goût à un jardin longtemps délaissé et qui ne m'en veut pas. Ce sont les jours heureux du foisonnement, les branches s'allongent démesurées, les tendres touches de vert ont foncé, déployant des vagues plus sombres où les fleurs roses du weigélia s'attendrissent. Je m'absorbe à imaginer le feuillage découpé d'un grand figuier qui serait planté contre la chaleur du mur. Valentine joue entre les fruitiers. Elle passe d'une course folle, queue ondulante en traine, à des bonds saisissants, dos arqué et pattes jointes en cœur, puis se jette à l'assaut d'un tronc. Toute entière dans la joie du mouvement, fragilité et détermination, la force d'une plume. Gribouille, le nez froncé, l'esprit tatillon, inspecte le bord des rigoles, tendant une patte soupçonneuse pour vérifier que je n'oublie rien. Félicité rêve, enroulée dans les fleurs de trèfle, je l'entends soupirer après les bribes de ses songes. J'égrène les pétales flétris des premières roses qui tâchent mes doigts d'une saveur anisée. Je déguste le silence qui habite le jardin, m'enveloppe d'un néant tissé de bruits invisibles et me rend la maison douce. Quelques chants d'oiseau par giclées, des pépiements pressés, un sifflement impérieux, de tendres rengorgements qui peu à peu s'éteignent. Je me suis sentie en paix, comme cela ne m'est plus arrivé depuis des mois. Le merle menteur qui bloquait ma gorge s'est dégagé. Chantamour. Pleurétreinte. Les sentiments déchirants s'envolent, c'est triste et reposant.

Dimanche matin. J'ai passé du temps près des pivoines. Elles sont à leur apogée. Juste quelques pieds mais tant de plaisir. Et tant d'indolente vigueur dans ces têtes rondes qui se penchent ébouriffées. Le jardin me tient dans ses bras.

jeudi 28 mai 2009

De l'avantage de vivre avec des greffiers


chatciel

J'ai toujours imaginé, en ce qui me concerne, que le meilleur des enterrements serait d'être mangée par mes chats. Je dis ça parce que j'entends régulièrement la remarque que je vis seule dans une grande maison loin de tout. Et que, outre que je dois me dépatouiller moi-même des tuiles qui pourraient me tomber sur la tête - merci, ça va, je m'en sors que je pense tout de suite, même si je ne sais toujours pas changer une roue, m'en fous - il se pourrait qu'un jour je me casse la tête dans mon escalier ou que je claque d'un infarctus. Et couic, ni vu ni connu, je végète morte pendant des nuits.
Et alors là, un grand sourire intérieur me saisit en douce. Parce que je me dis : chouette, au moins je meurs d'un coup, sur place, car comme tout le monde rien ne me fait plus peur que de devoir me soumettre à la médecine pour sauver ma peau. Et mieux : chouette, mes greffiers vont me grignoter, j'espère qu'ils ne vont pas se gêner, j'espère que j'aurai bon goût, j'espère que comme ça ils pourront attendre les secours. Je ne l'ai jamais répondu à personne, je crains la camisole. Mais sérieusement, c'est une pensée réjouissante. Sauf si je ne fais que me casser une jambe, bien sûr !

Dessin de Selçuk in Regards de chats

lundi 11 mai 2009

A quoi rêvent les girafes ?


girafes

Rothschild's Giraffes de Peter Beard


Je ne sais pas danser une salsa langoureuse. Je ne sais pas ce qu'est le monde pour une girafe. Je ne sais pas si une girafe se pose une telle question. Je ne sais pas ce que c'est qu'être un garçon. Je ne sais pas ce qu'il y a dans l'univers. Je ne sais pas ce qui se passe au centre de la terre. Je ne sais pas ce qu'est la mort. Je ne sais pas ce que c'est qu'être chef. Je ne sais pas ce que c'est que de commander. Je ne sais pas planter le blé. Je ne sais pas comment s'alignent les mots. Je ne sais pas faire la roue sur les mains. Je ne sais pas tuer. Je ne sais pas pourquoi il y a eu Verdun ou Auschwitz. Je ne sais pas pardonner. Je ne sais pas faire le pain. Je ne sais pas jouer au poker. Je ne sais pas comment sont les égouts ni comment était Babylone. Je ne sais pas comment vivaient les Étrusques ou les Apaches. Je ne sais pas comment est l'Amazonie. Je ne sais pas ce que c'est que vivre avec un enfant. Je ne sais pas ce que c'est qu'avoir un père. Je ne sais pas ce qu'est la baie des Anges ni ce qu'est le Kilimandjaro. Je ne sais pas ce que c'est que chanter sous la douche. Je ne sais pas courir derrière mon ombre. Je ne sais pas si quelqu'un a passé sa vie à écrire. Je ne sais pas parler avec les lions. Je ne sais pas swinguer. Je ne sais pas jouer du saxo. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas très bien ce que je fais là. Je ne sais pas surfer sur la mer. Je ne sais pas m'arrêter. Je ne sais pas m'arrêter d'aimer quand on ne m'aime plus. Je ne sais pas ferrer un cheval. Je ne sais pas changer une roue. Je ne sais pas dire peut-être. Je ne sais pas sauter en parachute. Je ne sais pas vivre sous terre. Je ne sais pas ce que je sais. Mais je sais qu'il y aura toujours et toujours quelque chose, quelqu'un à connaître.

samedi 9 mai 2009

Epinglettes jolies

Dans un panier ardéchois en châtaignier tressé, je les amasse soigneusement. J'aime leurs grandes oreilles bien droites réunies par un ressort en travers, qui se ferment sur une robuste mâchoire pincée. J'en ai des flamboyantes en plastique dur qui font chanter la gaieté des bleu, jaune et rouge. Mais aussi des douces usées en pâle bois poli qui appartenaient à ma grand-mère. Au fond du panier niche une petite boîte carrée qui enferme six délicates miniatures. Sur l'anse, trône une belle italienne offerte en talisman portant au dos une rainette verte à pois noirs. Puis, se répandent en vrac des transparentes chics qui arrivent du Japon. Clic clac, je saisis, j'appuie, je ferre et je lâche. Sur le paquet de biscuits entamé. Sur le sac de croquettes entrouvert. Sur la ramette désaccordée. Sur la carte postale vagabonde. Derrière l'échancrure baillante du rideau. Sous les fils démêlés de l'ordinateur. Sur la queue offusquée du greffier. Sur le linge qui flotte au vent, rameutant les folles senteurs du printemps.

epinglette

E viva lapin, la.. pin... la pinc' à linge !