
Une éclaircie dans le ciel de plomb. Les temps ne changent pas, non ils empirent, mais un jour ils devront bien changer.
Le jury du prix Pulitzer a distingué cette année Bob Dylan par une mention spéciale "pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire". Il est le premier artiste rock à recevoir cette récompense prestigieuse. Il rejoint les jazzmen John Coltrane et Thelonious Monk, le dessinateur de BD Art Spiegelman, le romancier Ray Bradbury.
Même si je m'en fous des médailles, je suis contente. Tant de chansons de Dylan qui se sont gravées dans ma mémoire et ma sensibilité, tant d'instants qui en ont été marqués et qui demeurent, bien vivants. Cette voix nasale, traînante. Ces mots tendres et durs. Ce personnage secret, dégingandé, les mains dans les poches, qui marche, une jeune femme aux cheveux longs accrochée à son bras. Si proche et si lointain.
Plutôt que de chercher un sens dans des détails de ma vie, on peut trouver des clefs dans mes textes. Je sais, on me considère comme un être volontairement énigmatique, ironique, sarcastique, allusif, ambigu, un taiseux, et pourtant, des clefs, j'en ai laissé. Les gens peuvent tout connaître de moi à travers mes chansons, à condition de savoir regarder, a raconté Dylan dans un entretien ici. Ce doit être cela. L'homme est dans ses chansons. Forever young. Ses chansons chantent le monde.
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