La peur du père
Par meerkat le dimanche 11 novembre 2007, 12:35 - Pays d'enfance
A 3 ou 4 ans, j'ai une bouille toute ronde, un regard grave et interrogateur. Je crois que j'en ai ma claque de poser chez le photographe. J'ai différentes photos de cette série et je ris sur certaines, mais c'est celle-ci que je préfère. Je crois que j'étais comme cela, rieuse et grave déjà.

Cette époque est celle du divorce de mes parents. J'avais entre 3 et 4 ans quand mes parents se sont déchirés. Quand ma mère a coupé tous les ponts entre mon père et ses deux enfants. Et que mon père n'a pas essayé de les rétablir.
Il y a quelques années, ma mère m'a raconté une anecdote à ce propos qui m'a stupéfiée et que j'avais totalement oubliée. Mon père et elle se querellaient à l'étage alors que je jouais dans la cour de la maison où ma grand-mère grillait du café vert dans un espèce de tambour cylindrique. Entendant la dispute, je me serais précipitée dans l'escalier pour les rejoindre, en criant : mon papa frappe ma maman. Je me demande ce que je voulais faire... protéger ma mère, me mettre entre eux, les retenir ensemble... Longtemps j'aurais ensuite empêché ma grand-mère de torréfier du café.
Je connaissais fort bien cette violence paternelle. Ma mère l'évoquait comme une des justifications de son divorce. C'est aussi ce qui lui a permis d'obtenir gain de cause car mon père ne voulait pas divorcer, et de renforcer son emprise sur la garde des enfants. Il y avait sûrement un climat de tension et de peur à la maison, et cette manière de me porter vers la dispute l'atteste, je pense. Mais quelle était exactement cette violence ? Des mots, des coups ? Mon frère âgé de 9 ans à l'époque et qui aimait notre père, comme je l'ai su il y a peu, estime que la violence venait de notre mère. Nous ne saurons jamais ce qui s'est passé entre eux.
Cette anecdote racontée si tard et presque par hasard a été une espèce de révélation. En me voyant appeler mon père de ce terme affectueux de papa, j'ai compris d'un coup que ce père que j'avais cru totalement absent avait été bien présent durant ma prime enfance, j'avais vécu auprès de lui à la maison, et je l'avais oublié. Il était mon papa, un lien affectif existait entre nous. J'en ai été sidérée et bouleversée. Un peu consolée aussi. Durant quelques petites années, j'ai quand même été sa fille, il m'a considérée comme sa fille, il m'a offert des jouets, il m'emmenait en promenade, il voulait acheter une maison pour nous, comme ma mère me l'a aussi appris.
Ces images d'une relation plus aimante ont été effacées de ma mémoire. Toute mon enfance, j'ai gardé en moi la peur de mon père. La figure paternelle présentée à mon imagination enfantine était détestable : un père violent qui donnait des coups, un père rejetant qui n'aimait pas ses enfants et ne s'en occupait pas, un père captateur qui voulait nous enlever. Un père qu'il fallait craindre, repousser. Un père qu'il fallait oublier et dont il était impossible de parler car il n'y avait rien de bien à en dire. Je l'imaginais même, je ne sais pourquoi, avec un fantasmatique pied-bot.
N'empêche qu'en même temps que je le craignais mon père me manquait profondément. Je lui en voulais de m'avoir abandonnée et j'avais peur de lui. Alors que je désirais le voir et être avec lui, je me serais enfuie si jamais il s'était approché de moi.
Je porte toujours en moi un peu de l'empreinte tordue de ce premier attachement. L'avantage c'est que, dans mes amours, me placer sous un père ne m'intéresse pas, j'aime les relations d'égaux, dans la fusion de l'homme amant ou le compagnonnage de l'homme frère. Les relations où les rôles de chacun peuvent subtilement bouger, ne sont pas prédéterminées, les faiblesses et les fêlures bien plus que la force. Mais l'ambivalence des attachements est souvent au coeur de mes sentiments amoureux. Le spectre du rejet, le balancier du désir et de la peur, la tentation de m'abandonner et de fuir reviennent parfois hanter mes relations amoureuses. L'angoisse de la souffrance reste-t-elle l'aiguillon de l'amour ?

Commentaires
Alors ça c'est très drôle. Je le dis ici, parce que bizarrement, pour en faire un billet chez moi ça n'est pas encore assez mûr je crois. Mais j'aurais un ressenti vis-à-vis de mon père qui serait à l'extrême opposé de celui-là : une image de dieu aimant, parfait, formidable, alors que petit à petit, à mesure de quelques bribes de souvenirs qui apparaissent parfois au fil de conversations avec ma mère, je réalise que ce n'était sans doute pas du tout le cas. Je m'efforce de ne pas échanger mon premier sentiment contre un autre qui lui serait opposé, mais c'est une lutte au fond de moi.
Je me demande si l'inverse n'est pas tout autant une lutte, mais je l'ignore. Il le semblerait, d'une certaine façon, à te lire.
Et puis une autre question que je me pose, c'est est-ce qu'il existe une seule personne dont l'empreinte du premier attachement n'est pas tordue ? Ça serait à la fois rassurant, et puis complètement angoissant, je trouve.
Mirza, difficile... Sûrement que tous les premiers attachements sont un peu tordus. :(
Je traîne cette sensation d'abandon dont j'ai beaucoup souffert, parce que mon père n'a jamais essayé de me revoir après le divorce (même si, compte tenu de l'attitude de ma mère, cela n'était certes pas facile). Au long de mon enfance et après, je lui en ai voulu, il me manquait, je voulais le voir. Mais là où les choses se sont perverties je pense c'est que, du fait de l'image du mauvais père projetée par ma mère, j'avais aussi peur de lui, j'aurais été terrifiée de le rencontrer.
C'est cette liaison établie entre amour/désir et peur/rejet qui me trouble. Elle complique un poil les relations amoureuses. Mais surtout, elle est douloureuse pour moi parce que pour éprouver l'amour, j'ai parfois "besoin" (à mon corps ou coeur défendant) de m'injecter un shoot de manque/de rejet et c'est très très désagréable à vivre ! Très très angoissant.
Je me dis que tu es dans un autre cas, une figure idéalisée qui se fissure. Dur à vivre aussi. Surtout si tu as juste le point de vue maternel et doit reconstruire toute seule. Mais peut-être ton père devient-il aussi plus humain. En tout cas, personne n'est blanc ou noir, et le mauvais ne peut pas totalement chasser le bon.
Il me semble qu'il est difficile à un humain de rencontrer de pareils exigences. l'image de cet absolu de cette quasi-perfection du père qu'a créée la culture européenne m'apparait comme un frein énorme à la relation d'apprentissage entre l'adulte et l'enfant.
Meerkat, vois-tu a une époque cela allait si mal entre mon mari et moi que je n'envisageais qu'une chose, partir. Il y avait aussi chez nous des moments très violents, non pas de coups, mais des paroles très violentes. Mes enfants voulaient me protéger, et j'avais dû rapidement rétablir la vérité qui était que oui certes cela n'allait plus très fort entre JP et moi, mais que par contre il restait leur papa, qu'ils n'avaient surtout pas à prendre parti et que quoiqu'il se passe ils ne seraient pas éloignés de leur père. Mais connaissant mon mari, si j'avais décidé arbitrairement qu'il ne verrait plus ses enfants, je ne suis pas sûre qu'il se serait battu contre. Et pourtant dieu sait qu'il aime ses enfants au-delà de ce que je pourrais imaginer, mais son enfance destructrice a fait qu'il ne se croit pas le droit de revendiquer un droit. C'est parfois très difficile pour un père de trouver sa place, d'autant plus si la mère ne l'aide pas dans ce sens. Moi j'ai un père qui même s'il n'a pas vraiment montré son amour pour nous, est toujours très présent. L'amour que mes parents se portent mutuellement est certainement pour beaucoup dans cette tranquillité paternelle.
Une part d'aliénation parentale dans tout ça...
(Sauf indiscrétion, est-il toujours vivant ?)
Moukmouk, je sais que tu estimes que les sociétés matrilinéaires, où la paternité biologique n'est pas reconnue et où le rôle du père est tenu par le groupe ou le clan, est plus profitable à l'épanouissement de l'enfant que notre cellule familiale étriquée. Je te rejoins bien volontiers. Notre culture, notre société donne un rôle certainement trop capital aux parents, pas seulement le père mais la mère (aie aie aie, la mére pour les filles !). Nous sommes bien obligés de nous débrouiller avec ça, grandissant dans ce cercle très fermé. Si j'avais eu à choisir, je crois que je me serais sentie bien plus à l'aise dans des relations claniques, à mon sens beaucoup moins étouffantes puisque portées par tout un groupe.
Valérie, merci beaucoup de ce que tu racontes de ta vie, je suis convaincue de ce que tu dis, le père doit être introduit par la mère pour avoir sa place et jouer son rôle auprès de ses enfants. J'ai bien conscience que mon père a foutu le camp, mais que ma mère a tout fait pour couper la relation et entretenir une image détestable de lui. Mes relations avec elle sont d'ailleurs difficiles. Tout cela m'a laissé l'idée que le moins que devaient faire des parents étaient de maintenir le lien avec leurs enfants, quoi qu'il se passe entre eux (et ça ne m'a pas aidé à avoir envie de faire un enfant, l'enjeu me semblait de taille) (entre autres).
Dieudeschats, relations parentales bien tordues, oui !
Mon père est mort, je ne l'ai jamais revu depuis mes 3-4 ans. Adolescente, je le souhaitais très fort, ma mère s'y est violemment opposée. Plus tard j'ai tiré un trait.
J'ai vu il y a pas mal de temps un de mes cousins (fils d'un des frères de mon père), qui m'a rassurée sur le fait que mon père était un homme "normal" mais qui ne voulait pas parler de cet épisode douloureux de la séparation d'avec ses enfants. Puis nous n'avons pas gardé le contact, c'est difficile, c'est trop tard. Le "drôle" c'est qu'à une époque, quand mon père était vivant, nous avons habité quelques années dans le même quartier à Paris. Te dire que le sujet était tabou, c'est que mon frère et moi n'en avons rèellement parlé qu'il y a seulement 2 ans.
Quel gâchis, quand même... Le pouvoir des mères est terrifiant, je trouve. Même si les mères ne sont que des filles, elles aussi, qui peut-être ont été mal aimées, mal payées de retour, au point de vouloir leurs enfants pour elles, de distordre les faits pour les faire entrer dans leur cadre... Et les pères sont parfois si faibles, comme le dit si bien Valérie, ils ont parfois tant de raisons d'abandonner, de baisser les bras et de mourir sans avoir rien réglé.
Comme tu le sais, Meerkat, ce billet ne peut que résonner en moi, alors je te prends dans mes bras et je t'embrasse.
Dans vie vraie de vraie, à ce moment là, c'est le moment, tard le soir, de sortir la mirabelle pour trinquer. "merde au chagrin" me semble un bon toast...
@samantdi a bien raison, le pouvoir des mères est immense, et je suis une qui le défend. Parce que c'est naturel,souvent instinctif, parceque les hommes sont faibles et que s'il faut prendre leur place en leur absence, et bien on peut faire des erreurs. Il est difficile de décider à l'âge adulte, ma mère était ou est ...mon père...il faut simplement vivre avec, essayer toujours de trouver le juste équilibre entre "tout ça" et la vie maintenant, faites d'amants, d'enfants et de parents.
Je crois que quand on ne se pose pas de questions on fait des conneries, qu'il serait temps que nos autorités supérieures comprennent qu'en matière de survie de l'espèce et de la planète, l'éducation devrait être une urgence prioritaire. Je crois que personne ne se sent mauvais père ou mauvaise mère, même les pires se trouvent des justifications. Je ne crois pas au pré-déterminisme selon que l'on serait né mâle ou femelle. Et j'aime beaucoup beaucoup ta façon de réfléchir, soeurette
. (sur ce je retourne agoniser dans mon lit)
Je me sens très triste pour toi ; c'est vraiment terrible ce qu'une mère peut faire subir à ses enfants, pour se venger de son époux. Mais oui, c'était ton papa, il t'aimait tu peux en être sûre. C'est vraiment dommage pour vous tous.
Voilà, c'est malin, je pleure...
moi, je suis la femme d'un homme qui est violent avec ses enfants. Qui les aime, mais hurle sans arrêt dessus et qui les frappe.
et quand je vois ma fille aînée regarder les albums photo où elle était petite avec son père quand il s'occupait si bien d'elle, et qu'elle pleure parce qu'elle a l'impression qu'il ne l'aime plus, je ne sais pas quoi faire... Si, je me suis donnée un chemin, essayer quand même, lui donner une chance de comprendre et de changer. Mais le temps passe et est compté.
Dans mon émotion, je voulais te dire que tu étais si mignonne, avec ce petit air frondeur, déjà.
Difficile de se faufiler dans votre discussion si intime et si profonde quand la question vous est étrangère. Les mythes fondateurs s'appuient souvent sur des disputes, des colères entre entités divines de "sexe" opposé ou d'une même famille. Ces situations donnent à leur tour naissance à un nouvel univers. Faut-il en conclure que la souffrance des hommes est créatrice et que d'elle naissent l'art et la beauté? je serais tentée de le croire à vous lire toutes et regrette de ne pas avoir de mirabelle sous la main pour trinquer avec Anita.
PAs simple de faire le moindre commentaire je n'ai pas vraiment connu ce genre de situation ! Tout ce que je peux dire c'est qu'a te lire on sent ta douceur et ta tendresse donc même si tu en as souffert tu t'en sors apparemment bien !
Je suis père, je suis ou j'ai été mari, amant, ami. J'ai été violent d'une certaine façon : je me trompais. Je peux répondre aujourd'hui à ta dernière question : NON Aucune douleur, aucune violence n'est justifiée par l'amour. Tout ce que l'on représente comme amour, ce que la société patriarcale a déformé pour dire "amour" n'est souvent que l'expression de la propriété : je t'aime, donc tu m'appartiens. L'amour est une liberté, comme lorsque l'on souffle sur le dos d'une coccinelle. Juste pour la voir s'envoler
post scriptum : quand les hommes vivront d'amour qu'il n'y aura plus de misère les soldats seront troubadours et nous, nous serons morts mon frère !
J'écoute et lis tes paroles Je vois ton beau visage d'enfant,Il y a de et entendre cette souffrance,c'est très émouvant. Je me dis avec le recul de l'âge, que c'est difficile d'être parent,que lorsqu'on a reussi à éviter de telles douleurs,on a eu aussi de la chance... On était très inconscients à notre époque de la psychologie,du moment que l'enfant était rassasié et ptotégé...que donner de plus.... Le "pied bot" ....même physiquement ton Papa ne pouvait être "bien"....symbolique oh combien!
Merci de vos commentaires et de votre implication dans ce sujet, qui est douloureux. Je me sens proche de vous tous.
De Samantdi, comme une sororité du manque du père
D'Akynou, parce que la naissance de ton aînée, ses premières relations avec son père, leur choix partagé m'ont bouleversée. Alors je pense à toi, à tes filles, et t'embrasse.
Comme dit Anita, trinquons tous ensemble "merde au chagrin" ! je sors ma bouteille de mirabelle Oxygéne, de la vodka aussi.
Et comme chante Daho dont j'écoute en boucle le dernier album (ah oui, je l'adore) : "Nous aurons toute la mort pour vivre avec tes remords, mes regrets.."
Alors vivons ! Mais être capable de concevoir l'amour dans la liberté de l'autre... y'a encore du travail ! Merci l'Ane Onyme. Et Jipes, et Fauvette, et Mamicha pour votre tendresse. Et Naya ma petite soeur pour ta combativité !
Trop de choses remontent pour que je puisse commenter ton billet... je ne suis pas trop vodka, mais mirabelle , pourquoi pas. J'apporte la salade de fuits ( pommes, poires, pignons, noix, oranges etc etc) Je t'embrasse
Lolilola : "samantdi a bien raison, le pouvoir des mères est immense, et je suis une qui le défend. Parce que c'est naturel,souvent instinctif," Le pouvoir des enfants, celui de Meerkat et le mien, et de bien d'autres, ce sera alors d'arrêter la chaîne de transmission : il n'y aura pas d'enfant après nous. Nous ne continuons pas, nous ne relayons pas, nous ne reprenons pas le flambeau. (Et je me plais à croire que nous inventons quand même autre chose, une autre façon d'être femmes)
Il y a quand même de quoi se poser des questions, je crois, sur le bien-fondé de cette conception de la maternité où la mère sauve les enfants d'un père vaurien (qui ne vaut rien).
Samantdi, contente de ton intervention.
J'ai laissé un peu glisser, car la conception de la maternité (et du rôle de ma mère aussi !) est un point sur lequel Lolilola et moi discutons depuis bien longtemps, sans toujours nous rejoindre, mais l'amitié a bien heureusement ses divergences.
Cette toute puissance de la mère, avec en corollaire l'exclusion du père qui "ne vaut plus rien" joue beaucoup pour moi dans le fait de ne pas avoir eu d'enfant. Ne pas faire d'enfant c'est entre autre ne pas faire comme sa mére, ne pas être à sa place et trouver sa propre voie. De femme. Une autre façon d'être femme, comme tu dis.
Et le désir d'enfant, me pose beaucoup de questions dont j'aimerais bien discuter avec des mères (et pas mères), et j'essaie d'écrire là-dessus. Je suis perplexe devant toute l'argumentation d'ordre biologique et instictivo/naturelle très abondamment développée. Ce qui m'interroge c'est que dans ce que je peux lire ou entendre, il est à peine question du désir pour l'autre, pour celui avec lequel on fera un enfant. Cette occultation pose déjà la question de la place du père. C'est sans doute aussi la raison pour laquelle je n'ai pas d'enfant, il m'aurait fallu être vraiment portée par/pour le désir de l'autre (une façon peut-être aussi de contrôler un peu de la puissance maternelle ?).
Sur la maternité, il est clair qu'il y a eu à l'origine un désir personnel, qui a pu s'épanouir parce que le désir commun était très fort. Je n'ai pas choisi mon compagnon au hasard, c'est sa capacité entre autres, bien sûr, à équilibrer cette relation qui a pu permettre qu'elle dure.
A l'époque de la naissance de mon premier fils, j'avais peur de mon pouvoir de mère, dans ma famille où les femmes monopolisaient le pouvoir, et notamment vis à vis des enfants. Maintenant, je sais que je suis là, et mon mari aussi, pour transmettre, guider, laisser s'épanouir, et que la responsabilité de leur vie appartient à mes enfants. Je suis femme, avant tout.
Une fois encore, je mesure ma chance d’avoir eu des parents normaux, je veux dire avec des qualités et des défauts, mais dont je n’ai jamais une seconde craint qu’ils ne m’aiment pas. Il m’a fallu arriver tard dans leur vie pour voir ma mère « grogner » sur mon père. N’empêche que quand il est mort elle l’a suivi de peu : elle avait perdu l’homme de sa vie.
Je suis divorcé depuis 20 ans. Nous avons tout fait pour épargner nos deux enfants. Malgré une/deux pages noires avec mon fils, dont je ne suis pas fier, ils m’aiment sans retenue.
Mais il veut rompre avec sa mère, « cette femme » dit-il maintenant. J’ai longtemps poussé à ce qu’il ne le fasse pas mais là, avec un sale tour qu’elle vient de me jouer, je vais rompre tout contact avec elle.
Je comprends que vous n’ayez pas d’enfant avec une telle enfance. Mon fils a attendu ses trente ans passés pour commencer, mais je peux vous jurer que c’est un bon père.
Ne le prenez pas mal, mais j’ai l’impression que vous « réfléchissez trop », que vous avez peur de ne pas être parfaite, peur de votre puissance. Si vous saviez comme les enfants ont une capacité à nous résister ! Si vous saviez le nombre de c..ies qu’on peut faire pour s’en sortir quand même, comme votre serviteur, en père et grand père comblé !
Je vous souhaite de réussir à pardonner à votre père et à votre mère. Ça pourra être une marche vers l’enfant…
Ah ? c'est une obligation d'avoir un enfant ? Ce ne peut être un choix de ne pas en avoir ou alors la preuve d'une anormalité ?
Milexcuz, Brol, j'aurais dû ajouter qu'effectivement il n'est pas indispensable d'avoir un ou des enfants pour se réaliser en tant que femme ou qu'homme. J'en ai quelques exemples dans mon entourage.
Croyez-moi (ou ne me croyez pas), mais j'avais pensé à le mettre : j'ai reculé en pensant : a/ que c'était une évidence, b/ que j'avais été assez long.
Bon, ne pas dire une chose signifie-t-il obligatoirement qu'on pense le contraire ?
Sachant que le sujet peut être douloureux pour certains (dont moi), que le langage écrit peut également être limité, je serai d'avis de plutôt trop en dire que pas assez...
Bonjour PMB.
Eh bien, ce dont j'avais envie de discuter est pratiquement repris dans votre deuxième commentaire. Je ne crois pas que l'on demande à une mère d'expliquer son désir d'enfant, mais toujours aux femmes qui n'ont pas ce désir de le justifier et il y a bien souvent une incitation plus ou moins voilée à procréer (ce que vous dites "marcher vers l'enfant"). Alors, s'il est vrai que vous pensez que l'enfant n'est pas l'étalon de la féminité et de la normalité, c'est bon de l'écrire et de le lire ! Car c'est loin d'être évident ! Connaître quelques femmes qui semblent bien s'en porter (huhu) ne suffit pas, il me semble.
J'ai su très tôt que d'enfant je n'en désirais pas, pour des tas de raisons. Bien sûr, il y a toujours une part d'ambivalence, mais c'est un choix que je ne regrette pas.
J'avais écrit ceci :
Je voudrais tout simplement entendre que désirer ne pas faire d’enfant c’est toujours désirer, ce n'est pas refuser un désir d'enfanter qui serait lui "normal," ce n'est pas une décision qui vient en négatif, c'est exprimer autre chose, vivre autrement, avoir d'autres engagements, d'autres objectifs de vie. Merde, bien avant d'être une mère, une femme est une femme.
Merci à brol, d'avoir pointé la question qui me turlupinait dans votre commentaire ! Et réfléchir, je crois qu'on ne le fait jamais assez !
Et sinon, bienvenu !
(et j'aime bien les longs commentaires qui ouvrent sur discussion)
A propos de mon enfance, j'ai certes vécu une coupure très dure d'avec mon père. C'était le sujet de mon billet où je m'interrogeais en fait sur les marques qui perdurent et peuvent guider nos choix affectifs. Mais j'ai aussi eu une très belle enfance qui ne me quitte pas. J'ai eu la chance de vivre dans la brousse africaine puis dans la campagne provençale, entourée d'animaux et avec, très jeune, une grande liberté. Il m'en reste, au-delà des problèmes parentaux, un immense bonheur, un puissant goût de l'indépendance et de merveilleux souvenirs. Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir !
Ouf, j’avais très peur que vous le preniez aussi sèchement, sinon plus que Brol (dont je devine, à lire son deuxième post, pourquoi il fut sec...).
Vous écrivez : « (ce que vous dites "marcher vers l'enfant") ».
- Je vais donc retirer ce que ma formule aurait de sournoisement incitative à quelque normalité, et me borner à dire (ce qui n’est pas rien) qu’on ne met pas au monde un enfant comme ça, qu’il y a bien (et là je repense à mon fils devenu père) une marche à faire, une démarche à accomplir. Mais aussi, que cette marche ne concerne pas ceux qui ne veulent pas la faire, qui en font une autre.
- J’ajoute, en pensant à bien des parents que j’ai croisé dans ma vie pour l’instant plus longue que la vôtre (j’ai pas dit meilleure, hein !) qu’ils auraient mieux fait de ne pas procréer. Mais voilà. Conformisme social, pressions de l’entourage, éducation religieuse, va savoir… Ce que j’ai entendu de pire un jour, lancé froidement par la mère à l’enfant : « je regrette de t’avoir fait ».
« Je voudrais tout simplement entendre que désirer ne pas faire d’enfant c’est toujours désirer, ce n'est pas refuser un désir d'enfanter qui serait lui "normal," ce n'est pas une décision qui vient en négatif, c'est exprimer autre chose, vivre autrement, avoir d'autres engagements, d'autres objectifs de vie. Merde, bien avant d'être une mère, une femme est une femme. »
- Accord total, sans réserve et sans retenue !
« Et réfléchir, je crois qu'on ne le fait jamais assez ! ».
- Ça, en pensant à certains (dont moi ici) ou au Pschitt qui f… la m… sur @si (note Rumeurs etc.), c’est vrai. En même temps, il faut dire qu’arrive un moment où trop de réflexion paralyse.
Pour les longs commentaires, hélas je sais faire. C’est ce que m’a faire comprendre un blogueur (par ailleurs sympa) chez qui les gens viennent non pour commenter, proposer, développer, contredire si nécessaire mais pour clapclaper… et signer avec leur blogue. Il m’a suggéré de créer mon propre blogue. Ok mec, je sens bien que j’agace. Chez lui, je me borne maintenant au minimum syndical.
PS Votre pseudo, ai-je le droit de le lire "mère à chats" ? (Ecrit avec le mien quasi assis sur le clavier !)
PMB dis donc j'ai l'impression qu'on s'est croisé ailleurs (mais pas avec ce pseudo) ? Il n'était pas question de tartines... ?
Allez zou DDC, des tartines à présent ? ahahah, les enfants mènent à tout.

Vrai qu'ils aiment les goûters (et moi aussi).
PMB, une meerkat c'est une petite mangouste du désert du Kalahari (ou suricate). Meerkat ne renvoie pas à mére-cat, pas du tout, ça se prononce mir-cat.
Mais c'est vrai qu'ici, il y a beaucoup de chats, et il arrive même qu'une certaine Valentine Chacureuil prenne possession du clavier et ponde des billets.
Et, euh, brol n'est pas sec, il met juste et bien le doigt là où il faut.
La preuve, je sors de mon bain
"mère à chats" c'est parce que je voyais de jolies photos de chat ailleurs (que je vais cliquer pour ma fille).
Et aussi, j'ai honte, oh que j'ai honte, un vilain "coup de griffe" sur le thème !
(J'avais bien vu le joli veilleur de prairie, dont je ne suis pas étonné que vous l'ayez pris pour emblème)
Dieudeschats, tout est possible sur le net, mais je ne vois pas. Si vous pouvez être plus précis...
Meerkat> Des tartines avec du fromage frais, des petits oignons, des radis et de la ciboulette, hmmmmmm... manque plus que le soleil pour aller avec !
PMB> Chez un 'dessineux' ?
Indice insuffisant
Moi, je vous en donne un avec le site de l'ami qui dessine les couvertures de mes livres :
yannlefeuvre.free.fr
C'est que je ne voudrais pas vexer l'un ou l'autre si finalement vous n'êtes pas une seule et même personne
Je pensais à "Phy" chez Fabrice Tarrin, à qui Oncle Paul avait reproché ses tartines et qui est "interdit de tarrinblog".
(L'adresse web ne marche pas, je regarderai de chez moi.)
Voui, l'adresse ne fonctionne pas (je me disais que j'étais nulle, mais ouf, non, pas que moi qui n'y arrive pas !). En plus maintenant, je voudrais savoir ce que PMB écrit !
Dieudeschats tu m'alléches avec tes histoires de tartine au fromage frais et à la ciboulette ! Mais ici, la longueur des commentaires et les digressions ne me gênent pas du tout.
(L'adresse web ne marche pas, je regarderai de chez moi.)
La tehon ! je m'a trompé !
yannlefeuvre.fr
PS Oui ok je tartine, mais pas à ce point. J'essaie de m'en tenir à une règle, dure à suivre sur les blogues persos où la colonne est parfois étroite : tout mon texte doit apparaître d'un seul empan, sans muloter.
(Et j'espère que l'adresse mail de Meerkat fonctionne
Meerkat> Avec une kriek en accompagnement, bien sûr
PMB> Pfff, faut vachement chercher avant de trouver un chat sur ce site !! ;-p
Ben oui, DDC, c'est un site !
On peut juste : - feuilleter, - admirer, - envoyer un courriel à mon ami* et ancien "mauvais" élève, comme quoi la rancune peut très bien être jetée à la rivière, surtout si c'est la Loire face à qui il vit et qu'il aime peindre, - et chercher la petite bête PMB !
Ami qui est un fan de bière (plutôt Duvel en bar) : il a illustré un Guide le la bière (cherchez sur le site un personnage ventru aux faux airs de Johnny Walker)
(Elle en veut de la Loire et du texte et de la digression, la meer à kat ? Ben ce soir, è va pas être déçue...)
Digresse, digresse, n'empêche j'ai fini par en trouver un, comme quoi l'obstination paie.
Et donc toi, t'es plutôt canard ?
En guise de guide des bières, je ne connais que celui de Michaël Jackson (l'autre).
Pas mal pas mal. Y en a un autre à côté !
Et j'espère que vous n'avez pas vu que ça sur son site. C'est vraiment un bon.
J'ai *tout* regardé, tu penses bien. Les chats sont curieux