Pierre qui roule
Par meerkat le samedi 29 mars 2008, 11:36 - Ballade de Sevi

J'ai, en ce moment, ce désir enfantin et joyeux de partir sans me retourner. Partie sans laisser d'adresse, la belle aventure. La vie change. Comme un cercle qui s'achève et le goût d'arpenter d'autres pistes, d'être ailleurs. Peut-on tout laisser derrière soi ? Un questionnement étrange pour moi qui ai toujours un pied dans le passé.
Dans cet état d'esprit du voyageur sans bagages, je déambule, j'interroge, je projette, me demandant par jeu quels sont les objets auxquels je tiens. Finalement, ils sont peu nombreux. Une poignée de souvenirs dans un léger baluchon. Les trois petits singes qui me chuchotent depuis toujours : ouvre grand tes yeux aveugles, tes oreilles sourdes et ta bouche muette ! des poids en cuivre du Guatemala qui s'emboîtent les uns dans les autres, un œuf bleu peint d'un mouton blanc et d'un mouton noir, un couple de chats et un couple de lions d'une minuscule arche de Noé italienne en bois, une statuette africaine, quelques cartes postales dont mon guetteur mélancolique et le hérisson de Youri Norstein, d'autres babioles encore...
Mais évidemment il y a les livres. J'ai déjà parlé de la cargaison de livres qui m'entoure. Je vivais avec un très grand lecteur, insatiable, qui lisait partout et tout le temps, un amoureux des livres, même s'il entretenait avec eux des relations parfois houleuses. L'amour n'est pas un long fleuve tranquille... J'ai toujours en moi cette image de lui, bien calé sur une chaise, les jambes posées sur le bureau avec Félicité étendue de tout son long sur ses cuisses remplissant son office de greffière attentive, totalement en partance dans l'ailleurs du livre, un crayon à la main pour tracer dans les marges d'imperceptibles hiéroglyphes, les pistes d'une réflexion toujours en mouvement. Sur le bureau des dizaines d'ouvrages empilés, en cours de lecture car il passait des uns aux autres. Tous posés sur leurs couvertures retournées de façon à ce que les titres, les auteurs, soient le moins visibles possible. Goût du secret et discrétion. Pas d'étalage. Lire par désir. Lire pour s'ouvrir aux autres possibles. Lire pour construire sa famille.
Depuis qu'il n'est plus là, ma relation aux bibliothèques de la maison a passé plusieurs phases. Au début, il m'était impossible de modifier quoi que ce soit parmi les deux niveaux des étagères. Je remettais soigneusement à leur place des livres que j'avais presque l'impression d'emprunter. Puis j'ai commencé à laisser un semblant de désordre en littérature, les policiers ont alors sauté les étalages, les poètes ont déplié les ailes, les ouvrages ethnologiques ont voyagé, les livres de chats ont été encore un peu plus indépendants. Mais il y a en a tant d'autres qui restent si étroitement accordés, bien serrés. Ils ne sont pas ensemble par hasard, une place précise leur a été attribuée selon des critères très personnels et affectifs, qui me restent encore mystérieux. Mais là je pense plutôt aux affinités singulières créées par le côtoiement, qui lient ces livres les uns aux autres, leur prêtent une vie, une histoire. Alors que j'ai longtemps pensé que je pourrais donner une bonne part du contenu des bibliothèques, aujourd'hui l'idée de séparer les livres, de les faire partir en solitaire à l'aventure ne me convient plus. Je rêvasse. Je me dis que ce que je voudrais, si je pouvais, si je savais, c'est brûler. Jeter les livres au feu. Un énorme brasier qui les engloutira tous ensemble. Partiront en flammèches joyeuses toutes ces pensées, tous ces mots. Des cendres, son esprit rejaillira encore plus vivant, débarrassé d'une gangue qui l'a parfois étouffé. Je ne le confonds plus avec les livres. Parce que tout simplement il est dorénavant en moi.
Est-ce pour cela aussi que je me dis que je pourrais un jour partir les mains vides ? Ceux que j'aime, vivants ou morts, ne me quittent jamais.
Bien sûr je ne brûlerai pas la bibliothèque de la maison, ce reflet du monde, dont Alberto Manguel cet immense lecteur témoigne sans cesse. Et avoir confié ce désir absurde m'en gardera. Mais sans doute la laisserais-je derrière moi, n'emportant que les livres que je saurai à présent être un peu de moi.
En photo, le lac Mapourika en Nouvelle-Zélande. Une terre où tout recommencer. Dans mes rêves.

Commentaires
Meerkat, une chose est sûre: ton écriture prend de l'ampleur, de la précision et du souffle. elle m' a plu dès le début, mais on sent un nouveau palier.
Tremplin?
Curieusement, je trouve très belle l'idée de brûler les livres, dans ce cas précis, j'y vois du sens, bien plus que dans l'éparpillement de volumes chez un vendeur d'occasion... mais pour le moment, tu vis encore pleinement dans cette maison, l'heure ne semble pas au bûcher
Partir... avec un majuscule, j'en frissonne de plaisir, ça m'a toujours fait cet effet sans trop comprendre pourquoi.
). 

Evidemment, ton billet me parle, il respire l'art d'être en mouvement, ah ah ! je reconnais l'aventurière de la vie (j'espère que tu n'auras pas le culot de nier
C'est extraordinaire tout ce que l'on est capable d'envisager. Avant, je croyais que c'était des jeux de l'imaginaire, des chatouilles, mais maintenant, je remarque que c'est une sorte d'entraînement, une douce excitation qui prend corps peu à peu pour un jour nous porter sans que l'on ait aucun effort à faire sur soi, juste accueillir l'évidence. Et comme par hasard, on sait où aller (enfin, à peu près).
Et puis dis, qu'est-ce que j'apprends ? Les chats écrivent des livres ? Non non, toujours pas convaincue.
C'est la première fois je crois que je ne ressens pas l'idée de brûler les livres comme un sacrilège mais bien comme une purification semblable à celles des corps hindous au bord du Gange.Non par une purification de ton amour mais l'accomplissement de sa vie...
Anita, venant de toi, aie, mes chevilles enflent !
Samantdi et Valérie, me voilà rassurée. Cette idée de brûler une bibliothèque me troublait beaucoup, mais c'est vrai qu'elle porte une idée d'accomplissement de la pensée de mon compagnon. J'ai vraiment cette sensation que tous ces livres vont ensemble, ils ont été si patiemment réunis et avec tant de passion. Bon, en attendant, ils vivent là, ils y sont bien quand même.
Sensorie, un embarquement pour Cythère, ah oui alors !
Sûr que l'aventure me souffle aux oreilles. Et je suis bien contente que tu ouvres les bras à tes évidences.
Mais sinon, les chats écrivent. Parfaitement. Et je dirais même mieux, ils sont artistes peintres. Tu peux admirer ici ou là. Et, si j'étais toi, je m'inquiéterai de cette concurrence déloyale, car le jour où ils mettent la patte sur les ordinateurs...
Des fois je joue dans ma tête au jeu de l'incendie, ou du naufrage, ou de l'inondation, enfin un moment où l'on doit faire des choix immédiats, presque sans réfléchir. J'ai trouvé que c'était une bonne façon de voir réellement ce qui est indispensable, ou que l'on aime le plus. Alors, toi, des livres, si tu n'en emportais qu'un, ce serait lequel ? Des objets ? Des images ? Mais la je deviens trop curieux...
et pendant ce temps-là, Maurane chante :
les antipodes
partir à l'autre bout du monde
comme on change de chanson sur un i-Pod
changer de vie en deux secondes
changer de vie en deux secondes ....
L'Ane sur un fil, c'est que j'y joue aussi aux mêmes jeux que toi (plutôt à l'inondation : à califourchon sur le toit attendant les hélicoptères comme chez Coppola, et je me demande si ces idiots de chats vont se laisser hélitreuiller sans me défigurer pendant le sauvetage...).
Donc, étant entendu que je sauve d'abord les 4 chats et mon ordinateur, dans les mains qui me restent, on pourrait trouver :
- deux livres : Corps et Biens de Desnos (lui je ne m'en passe pas) et Le Chercheur d'Or de Le Clezio
- un objet : une petite poterie, il y en a une à laquelle je tiens beaucoup, mais qui est impossible à décrire, comme un oeuf avec deux pieds et une tête marrante, et il s'ouvre
- une image : une carte naïve avec des animaux, ou une miniature El Tigre peinte par une amie
- mais alors, ce qui m'embête de laisser, ce sont les vinyles, je prends Blonde on Blonde ou Horses
Il n'y a pas grand chose chez moi, sauf livres et musique, et ce à quoi je tiens ce sont vraiment des bricoles, genre panier en bambou, mobiles en papier et petites merdouilles. J'aime aussi les dessus de lit en patchwork, mais bon, on ne s'enfuit pas avec un dessus de lit.
Maintenant, à toi !
Loupiotte, on a pu lire sur les murs un temps : Changez la vie, donc transformez son mode d'emploi. On devrait se décider à s'y mettre ! N'empêche que partir en deux secondes, ça me fait gamberger. Qu'est ce que tu en dis ?
En attendant, tu joues au jeu des objets à sauver ?
Un dessus de lit en patchwork, Meerkat, quelle merveilleuse variante au tapis volant, ne trouves-tu pas ?

Quant à confier ses livres au feu sacré, ce doit être intimidant, mais à mon avis, ça doit vite virer au feu de joie.
A la fin de l'automne, j'ai brûlé mes collages réunis dans un cahier, tout un pan de ma vie ainsi confié à l'univers eh bien ! ça a fait de la place pour de délicieux lendemains.
"Un désir enfantin et joyeux"de partir et non une fuite...pourquoi pas? Sur un dessus de lit en patchwork!!!
avec tes chats,demande à Sensorie sa formule magique,ça vaut le coup de tenter le voyage 
Un livre : Demande à la poussière de John FANTE, qui m'a montré qu'on pouvait écrire vraiment, ou Fictions de Borges. Choix cornélien. Un objet : je crois que je ne suis attaché à rien. Ah si, un petit caillou : un morceau du forum de Rome. Une image : toutes celles que j'ai en moi, donc aucune. Et c'est tout je crois.
Moi je ne prendrais rien, j'ai tout sur moi, simplement un sac pour mettre mes chats, elles adorent ce "mode" de transport...en fait je devrais deux sacs... elles ne se supportent pas. Avec le fruit de leurs disputes...je me ferai fileuse ambulante, je vendrai le fil magique de mes errances comme marque-page...
Je crois que je prendrais ma guitare mais je ne suis pas certaine, je pourrais toujours chanter...et pour écrire, je graverai les arbres de mes signes...
Pour les livres, je souris...les bibliothèques me font toujours penser à cet écrivain qui a failli mourir sous leur écroulement (bon...c'était mieux raconté quand je l'ai lu...)
Sensorie, te voilà devenue toute légère et toute prête à t'échapper. Tes créations flottent dans l'univers mais surtout sur les ailes de ton imagination et de tes émotions, et c'est au bout de tes doigts qu'elles sont.
Chamamy, avec Sensorie, nous avons aussi une collection de bottes magiques de 10 000 lieues au moins. En désires-tu une paire ? Mais je peux aussi te confier un petit bout de la formule magique qui fait voler les tapis (pour les dessus de lit c'est en cours de validation): الرشيد مع العجمي
L'Ane qui a la main sur le cœur et rien dans les poches, amateur de petits cailloux ?
Aslé, la poète aux semelles de vent, je vois tes fils magiques entre les arbres.
Ca me fait du bien de voir les bibliothèques perdre un peu de leur superbe. Ensevelissement possible sous les livres, mince, je vais pousser mon bureau un peu plus loin !
Pour les chats, chez moi c'est pareil, ils ne s'entendent pas vraiment, c'est bien pour ça que je m'inquiète si un jour une inondation me poussait sur le toit avec eux.
Sinon, je vois que j'ai encore des progrès à faire sur le chemin du sans bagages.
Quelle note ! La lecture a un côté absolument magique, que l'on puisse leur accoler un moment de notre vie et de nos proches me semble une évidence, parfois douloureuse mais aussi porteuse d'espoir quand on voit un autre que soi prendre le relais porter ce livre ailleurs plus loin l'emmener hors de son chez soi lui faire vivre une autre vie !
Moi j'aurais envie de les donner à mes amis de les voir se régaler de ces lectures et de quelque part trasmettre ce témoin de vie ! Je ne sais pas ....
De l'art de ranger une bibliothèque...et, de mettre de l'ordre en soi par la même occasion... Un très beau texte, plein de vous sans doute.
Splendide billet.
Echo d'un temps où j'ai entendu ce discours à la maison... Rien ne m'attristait plus que d'imaginer qu'on puisse brûler la bibliothèque et tous les livres... Bizarre donc de lire que c'est finalement quelque chose qui vient à la tête d'autres personnes... et quelle personne !
Mais, je vois encore les amas de livres comme autant de traces, d'histoires, de partages, d'empreintes d'une vie qui s'est construite au fil des pages... alors la voir brûler... je ne pourrai m'y résoudre ! Mais c'est sûrement mon côté nostalgique.
Pour les objets à emporter sur une île j'y pensais souvent, enfant, quand planait au dessus de nous le possible rappatriement politique... où en une nuit il faut abandonner une maison et tout laisser derrière soit. Et puis finalement, je n'ai jamais eu à choisir. On verra le jour où l'eau aura atteint mon 4ème et dernier étage :)
Jipes et Leeloolène, contente de votre éclairage ! Comme vous, je me dis que les livres sont une part de notre histoire, et j'aime l'idée que des livres voyagent et se partagent, prennent une autre vie.
C'est juste que là je raisonne sur des milliers de livres, bien sûr certains peuvent être donnés à des amis qui les aimeront, et d'autres je les garderai. Mais cette bibliothèque qui a été et est encore le reflet de celui qui l'a constituée, où chaque livre est lié à l'autre par de multiples affinités, j'ai du mal à l'imaginer dispersée, jetée. Enfin, pour l'instant j'en suis là de mes sentiments, j'ai déjà passé plusieurs stades, c'est évolutif.
En plus, même si j'y pense, la question ne se pose pas vraiment.
Leeloolène, en pleine phase d'installation, oui oui, pense plutôt à tout ce que tu peux apporter à ton chez toi qu'à ce que tu embarquerais sur une île. Et ta superbe sculpture "feuille", elle rend bien ?
Still, bienvenue !
Oui, une bibliothèque est un autoportrait, et tout à fait vrai qu'envisager son devenir, c'est penser à mon avenir. Et ça fait du bien.
Eh eh !! Ma sculpture "feuille" est toujours en gardiennage du côté de Toulouse chez une amie. Il faut que je trouve l'occasion de la remonter... Sûrement en train la prochaine fois que je descendrai ! J'aurai l'air maligne avec ma sculpture de 20 kilos sous le bras... En tout cas avant que mon amie ne la kidnappe définitivement tant elle lui plait !
Très beau billet. Il reste cependant que nous avons maintenant la possibilité de voir la dématérialisation des livres. Pour celui qui voyage, pour le nomade, les livres sont un gros gros problème. On ne traine pas sa bibliothèque sur son dos.
Mais l'objet livre est beau... contradiction.
Dur pour moi d'écrire un commentaire sur ce billet, toujours bien ficelé (comme d'hab').

Explication : j'ai toute ma bibliothèque à remettre en ordre en vue du déménagement (six grands meubles "hic et ha" où les livres au format de poche sont rangés sur 2 rangs, l'un derrière l'autre) ce qui doit faire au total dans les 1.500 bouquins, de tous formats, à mettre en cartons. Pas question d'en balancer un seul, nos livres sont notre vie, les petits-enfants trieront.
Ceci dit, je pense que pour comprendre le classement d'une personne qui range ses livres par affinités, il faut tout simplement lire, ou du moins feuilleter les livres en question pour voir où se situe l'analogie.
Dans ma bibliothèque tout est rangé par catégories, puis par thèmes et ensuite par affinités. Aucun classement alphabétique, ni par titres, ni par auteurs.
En plus, je dois aussi ranger la cédéthèque (musique dite à 90 %) ! Là c'est (normalement) classé par époque, puis par compositeur. Le hic c'est qu'il y en a environ 180, tous mélangés. Mais à côté des bouquins, c'est du gâteau...
Leeloolène, bon courage
n'oublie pas de réserver une petite place dans le train pour ta sculpture (et puis après de la photographier chez toi !).
Moukmouk, j'aime l'objet livre, tourner les pages, sentir le papier sous les doigts, et j'ai l'impression de bien mieux comprendre qu'en lisant sur un écran. De la même façon, j'aime les CD et leurs jaquettes, les 33 tours et leurs pochettes (et en plus j'aime avoir l'intégralité d'un album, même si toutes les chansons ne me plaisent pas, je suis sensible à l'atmosphère). C'est pas gagné pour le nomadisme.
Et toi, comment tu te débrouilles avec ces objets de la lecture et de la musique ? Tu arrives à maintenir leur expansion ? Tu pourrais t'en défaire facilement ? Tiens si tu faisais un billet là-dessus ? Quand même l'avis d'un Ours mélomane, c'est important sur ce sujet.
Kinka, ahaha, je ris toute seule en t'imaginant devant tes cartons. Quoi ? je ne suis pas charitable ? C'est vrai. J'ai encore les cheveux qui se dressent sur la tête au souvenir de la centaine de cartons ou plus de livres qu'il avait fallu confectionner pour le déménagement. Sous les ordres d'un architecte affolé par la mise à bas de ses bibliothèques. Et faire des cartons de livres, sachant qu'ils seront entreposés les uns sur les autres et qu'obligation est faite que NUL ne soit écorné, c'est pire que construire la Tour de Pise ! Alors courage !!
Pour le classement, j'ai capitulé, je n'ai pas l'érudition nécessaire pour saisir la complexité des affinités, des sujets (mais parce qu'en plus le tout se complique d'un critère "extérieur" tout bête mais non négligeable qui est la hauteur des étagères, imposant des ruptures dans les placements...). Le mystère doit me convenir finalement, car un ami proche pourrait très bien tout m'expliquer.
Si tu aimes les histoires de bibliothèque, je te conseille Alberto Manguel, Une bibliothèque la nuit. En avant goût, cet interview de lui.
meerkat, brûler des livres, ça me serait impossible ! en emporter un seul, tout autant ... avec les envies de lire qui varient selon le temps qu'il fait, l'oiseau qui chante, l'inspiration qu'on cherche ou l'humeur. alors, je crois que je finirais par prendre un dictionnaire pour m'aider à ré-écrire le souvenir de mes lectures, de mes humeurs et, pourquoi pas, le chant de l'oiseau ....
.....................
quant à changer de vie en deux secondes, je suis tellement persuadée de retrouver la même chose de l'autre côté
Merci mille fois d'avoir évoqué Alberto Manguel. Son interview est des plus intéressants. J'y ai relevé l'indication d'un livre qui, d'après lui, correspond bien à ma quête actuelle d'un home à mon goût.
En suivant le lien vers "La bibliothèque, la nuit", je croyais ne pas connaître cet auteur. Mais en recherchant des avis sur ce bouquin, je suis tombée sur la page d'une lectrice qui dit le plus grand bien d'un livre de lui que j'ai dans ma bibliothèque, mais que je n'ai pratiquement pas encore ouvert, car il fait partie de ceux que j'achète lors d'une "tournée" à la F*ac, que je couvre d'un film transparent (comme je le fais systématiquement pour tous mes livres de poche) et que je range dans ma bibliothèque en attendant d'avoir le temps de les lire. Ce qui peut prendre des mois, voire plus si, comme pour celui-là, j'oublie complètement le fait de l'avoir acheté !
Loupiotte, tss tss, des fois ça change la vie (en bien je veux dire)
Je sens que tu as besoin d'une ration de chocolat ou d'une virée à la campagne. Bon, là un p'tit rayon de soleil sur les tulipes jaunes, une bergeronnette qui s'affaire dans l'herbe, et les merles qui jouent les fiers à bras, c'est pas si mal.
Kinkapricorne, l'ouvrage sur les Lieux imaginaires, je le connais bien, j'y puise quelques inspirations.
Et sinon, ne parlons pas des PAL (Piles à Lire), ça peut atteindre des sommets : livres commencés et en attente, livres achetés et pas lus... Moi j'aime bien les signes du temps sur un livre, les couvertures qui s'affaissent un peu, qui prennent des tons d'automne, les pages qui se cornent, mais c'était un grand sujet de débat.
Rien que de lire les mots "brûler les livres", j'en ai la chair de poule pour toute la journée alors qu'aujourd'hui ça devrait être écaille de poisson.
Moi je serais un peu du même avis que Loupiotte dans son dernier commentaire. Si je devais partir en courant, je partirais avec mon ordi, autant être pragmatique.
Ceci dit, je l'ai déjà fait de partir en laissant tout ou presque. J'ai viré le passé, la famille, les objets. J'ai même fait sdf un petit coup, ça me paraissait super romantique à l'époque. Maintenant je suis guérie de tout cela. j'aime l'idée que les choses bougent et ne sont pas figées. Les livres s'accumulent, les objets voyagent quelquefois. J'ai envie d'être une voyageuse, tout le temps et par petites touches. Toujours partir et toujours revenir dans mon grand vaisseau de pierre.
Je t'emmène voir la mer ;-) ?
Naya, c'était juste une hypothèse bien sûr qui me passe en tête, histoire de conserver une intégrité dans les flammes !

C'est bien que les choses bougent et se transforment. partir et revenir, c'est le mouvement de la vie. Rêver de recommencer ailleurs aussi finalement. Oui, ton vaisseau de pierre est le meilleur des havres pour les retours, et le meilleur aussi pour les grands voyages immobiles.
En attendant, allez zou, on file à la mer, et comment !
Pas trop froide la mer ?
N'avez pas oublié vos maillots, au moins ?
Kinka, nous bénéficions d'un micro-climat, euh comment dire... comment dire sans te faire périr d'envie ? bon je me lance : tout simplement tropical et d'une décadence réjouissante !
Tu veux venir ?
Trop explosif pour moi Bikini...

Dans les eaux chaudes, pas besoin de maillot quand on est cousine des chimères !