Outrelande

Histoires d'ici et d'ailleurs

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vendredi 29 janvier 2010

Que le diable les étripatouille !

Je n'ai jamais accroché à Tintin. J'étais à fond Spirou et je tenais à rester fermement fidèle à mon camp (j'étais aussi 100% Rolling Stones mais quand même les Beatles j'aimais). Tintin me semblait bien trop gentillet, pâlichon et désuet avec ses pantalons de golf. Et il faut bien dire que Milou n'avait pas non plus le culot du Marsupilami. Mais il y avait le bourru, alcoolique et bouillant Capitaine Haddock qui vociférait de truculents coups de gueule. Selon Albert Algoud qui a écrit Le Haddock Illustré, le Capitaine Haddock aurait livré plus de 220 invectives pendant toutes ses aventures.

Pour mémoire, voici une petite bordée d'insultes, les hardies compositions de type alimentaire ou ménager ayant toute ma faveur :


insultes2.jpg Amiral de bateau-lavoir - Apprenti-dictateur à la noix de coco - Astronaute d'eau douce - Bachi-bouzouk des Carpates - Bayadère de carnaval - Bulldozer à réaction - Cloche à fromage - Coloquinte à la graisse de hérisson - Concentré de moule à gaufres - Cornichon diplômé - Cyrano à quatre pattes - Ectoplasme à roulettes - Enfonceur de portes ouvertes - Extrait d'hydrocarbure - Faux-jeton à la sauce tartare - Garde-côte à la mie de pain - Jet d'eau ambulant - Jus de réglisse - Krrtchmvrtz - Loup-garou à la graisse de renoncule - Macchabée d'eau de vaisselle - Mille millions de mille milliards de tonnerre de Brest - Mitrailleur à bavette - Mussolini de carnaval - Simili-martien à la graisse de cabestan - Sous-produit d'ectoplasme - Squelette de pantoufle - Tchouk-tchouk nougat...


Aaahhhhhhhhh, ça fait du bien ! Traiter un qui nous les casse de squelette de pantoufle ou d'extrait d'hydrocarbure, pas mal du tout, ça doit déconcerter, non ?
Et si nous en inventions d'autres ?


La liste complète se trouve ici.
Illustration : le Capitaine Haddock et Milou, de Hergé (mille sabords de krrtchmvrtz, je ne sais plus d'où ça vient)

mardi 5 janvier 2010

Par les couloirs bruissants du sommeil

Mi-éveillée mi-endormie, habitée de souvenirs, la nuit parfois j'entends. Couchée en chien de fusil, le ventre creux et le dos rond, la couverture tirée sur mes joues, je pelotonne contre moi la greffe Félicité. Une poignée de sable dans les yeux et nous montons toutes deux sur le navire des songes, bercées de ce ronronnement puissant qui est le talisman de nos nuits.

Dans les brumes du pays des rêves, de l'autre côté de la réalité, m'attendent de sonores visiteurs, aux humeurs incertaines.

Et déjà, ces brefs entrechoquements au rez-de-chaussée, n'est-ce pas un diablotin affairé à crocheter la porte d'entrée ? Ai-je bien pensé à donner le tour de clé salvateur pour protéger mes nuits ? Même à la porte ouvrant sur le préau ? Mais le cliquetis se dissout, absorbé par la profondeur cotonneuse de la chambre et je sombre dans la dérive du sommeil.

A cet instant précis où je glisse dans un songe, Patrick Bruel se met à chanter. Je me dresse, cramponnée aux draps. Pas de doute, un effroyable dragon aux yeux fixes cherche à m'épouvanter, m'annonçant ses meurtrières intentions en beuglant à se casser la voix. Le voilà qui grimpe lourdement l'escalier, il traverse le couloir et se dirige vers ma chambre. Quand il passe le seuil, tétanisée, je le vois s'évanouir dans l'ombre, la chanson s'était automatiquement enclenchée à l'heure fatidique de minuit, aucune créature au regard froid ne lèvera ce soir un couteau sur moi. Lentement, pour me rassurer, je touche de mes doigts mon visage et mes épaules.

Et je jaillis cœur battant, tirée de ma léthargie par les grondements du greffier Gribouille venu se poster à l'extrême bord du lit, poil hérissé, cou tendu, regard fixé vers la fenêtre baignée de lune. Il m'alerte. Je saisis qu'un monstre vorace vient de faire irruption dans la maison et rôde juste en-dessous, dans la cuisine. Tendue comme un arc, assise immobile au creux du lit, je tente de percer la chape du silence mais aucun clappement de langue ne se laisse entendre. Rien ne bouge, la vie s'immobilise. Sans doute s'agit-il seulement du gros chat des voisins qui déambule au fond du jardin, soucieux d'étendre son territoire.

mccay1.jpg

A présent, le claquement vif de la première chatière immédiatement suivi par le second, puis le déferlement d'une galopade effrénée dans l'escalier me font sursauter, ce n'est que Valentine échappée au tigre hantant le jardin qui se réfugie comme un boulet de canon dans la maison. Certaines nuits, les sons deviennent plus stridents, des feulements rauques et des sifflements grondants s'enchaînent en mélopée. Là, c'est Gribouille qui empoigne jusqu'à la sortie un étrange visiteur étourdi.

Plus tard, une autre nuit, une bouteille roule sur le carrelage et explose en mille éclats vibrants. Je pars en quête, nulle brisure de verre nulle part. Les greffiers endormis ouvrent un oeil soupçonneux. Placés aux premières loges, ils n'ont rien entendu et ne se privent pas de me faire remarquer que mes oreilles battent la campagne.

Et ce cri anxieux qui fend l'air et se répercute, renvoyé par les échos, lugubre et gémissant. Quelque mince fantôme pleurant la perte d'un abri ou la chouette envolée poussant un sombre hululement de chasse ?

Puis parfois c'est toi. Tu t'assois tout près et tu te penches vers moi. Je reconnais ton odeur, je respire d'un même souffle, tu caresses mon front de ce geste qui ébouriffe un peu la frange sur mes yeux, tes doigts s'attardent sous la pommette. Ta main est toujours aussi tendre. Tu me parles, j'assemble la douce sonorité de tes mots comme de frémissants petits cailloux sur le chemin qui nous réunit. Mes paupières trop lourdes, mon corps de plomb me clouent dans la torpeur du songe, je sais que tu es là, je lutte mais je dors. Je dors et au matin tu as disparu. Mon Prince qui m'appelle à rejoindre le Pays du Sommeil, je ne t'entends plus, je me réveille.

mccay2.png
Illustrations : Winsor McCay - Little Nemo in Slumberland

mercredi 8 octobre 2008

Houba houba hop !


marsupilami C'est sûr que l'on ne présente plus le Marsupilami, cette créature légendaire de la forêt tropicale Palombienne. Mais je ne résiste pas au plaisir du portrait. Il a été un compagnon de mon enfance, présence drôle et pugnace, et il est toujours présent parmi mes petits héros. Né sous la plume virtuose de Franquin, c'est sûrement le plus extraordinaire animal de la bande dessinée et même de la création. Imaginez un peu un mammifère pourvu d'un nombril mais qui pond des œufs, se sert de ses pieds comme si c'était des mains, mange de tout, déguste les fruits avec délicatesse et gobe vivants les piranhas. Qui est amphibie comme une baleine, qui possède le pelage jaune tacheté de noir du félin, les oreilles du lapin, les vibrisses du chat, et qui fait son nid dans les arbres comme un gorille...

marsupilami_nid Donc, dans le nid, redoutable place-forte aux sophistiqués systèmes de défense mais tapissée de douces plumes et ornée de fleurs, les petits marsupilami éclosent avec leur queue toute pleine de nœuds, l'esprit déjà vif et curieux. Merveille de l'éducation, pour acquérir les données de base, ils n'ont qu'à coller leur oreille sur le fameux nombril des parents et hop, toute la mémoire de l'espèce qui est stockée dans le cerveau des adultes leur arrive direct dans l'esprit via un conduit nerveux. Les voilà parés pour les connaissances théoriques. Pour les choses de la vie, c'est quand ils veulent et comme ils veulent. Allergiques à la discipline, ils apprennent le monde en s'amusant (non mais, pourquoi ne m'a-t-on pas envoyée dans cette école ?).

marsupilami Grognon, têtu comme une mule, joueur et blagueur, affectueux, le Marsupilami est un hercule à la force incroyable, capable de déraciner un arbre d'une pichenette. En plus, la nature l'a doté d'un cinquième membre surpuissant : une queue préhensile, cogneuse et rebondissante de sept mètres de long, dont il joue avec une habileté diabolique. Il n'a qu'à la rouler en boule pour envoyer de sacrées peignées aux méchants. Resté profondément sauvage même s'il sait s'adapter à la civilisation comme tout bon écolo, le Marsupilami est un protecteur de la vie et de la nature. Il ne se trompera jamais d'ennemis, il se bat contre les armées imbéciles, les savants fous, les dictateurs et tous les prétendus maîtres du monde. Nul doute qu'il balancerait à fond de cale les grotesques pantins qui nous gouvernent s'il décidait de nous rendre une petite visite.

chat_fou Dans les créations de Franquin, je n'oublie pas non plus Gaston Lagaffe, le poète libertaire en espadrilles escorté du chat cinglé et de la mouette ricanante. Ce pionnier de la réduction du temps de travail s'y entend comme personne pour désorganiser le système en lui substituant sa propre logique, antiproductive ou totalement loufoque. Je rêverais d'une économie aux mains de Gaston. M'enfin ! Il finirait de tout détraquer le capitalisme et nous régalerait de sa recette favorite, la morue aux fraises avec mayonnaise chantilly aux câpres flambées au pastis.

mouette Franquin, qui prêtait sa plume à Greenpeace et Amnesty International, disait de lui-même : Moi, un anarchiste ? Disons plutôt que je suis un lapin qui serait contre la chasse. Les chasseurs, les traîneurs de sabre et les porteurs de goupillons ont dégusté quelques giclées d'encre carabinée lorsque le lapin Franquin a sorti les Idées Noires. Sous les habits du burlesque, l'homme était un un grand pessimiste. Houbi Houbi, Doudli Doudli Dadli pour toi Franquin ! Ta fantaisie et ta tristesse, ta noirceur et ta lucidité m'ont appris bien des choses à propos des zumains dont je suis.

PS - Pour l'inspiration, j'ai revisité Et Franquin créa la gaffe de Numa Sadoul, le Livre d'or Franquin, certains des premiers albums des Aventures de Spirou où le Marsupilami a fait irruption (QRN sur Bretzelburg je l'adore) (la série se prolonge sous d'autres plumes), un hommage à Franquin de Michel Daubert.

Et une pensée pour Moukmouk qui aime beaucoup beaucoup le Marsupilami. Beh oui, entre bestioles qui se font rares, faut se serrer les pattes. g-)

dimanche 14 septembre 2008

Mille castors !


blek

Je ne risque plus de me perdre en forêt et les maudits Homards Rouges de sa Majesté ne m'attraperont pas. Oxygène est arrivée à téléporter pour moi le grand Blek qui va escorter mes escapades. Blek le Roc, le Rebelle héros de mon enfance. Avec son petit gilet en renard qui découvre sa musculature de colosse ! Waouh, merci Oxygène ! :-)
(tiens, Blek pourrait aussi aller castagner les chasseurs qui s'en donnent à cœur joie dans les champs aujourd'hui)

mercredi 16 juillet 2008

Oups ! Sigh...


peanuts_3 peanuts_2

Cela ressemble beaucoup à une discussion que mon amie Lolilola et moi pourrions avoir. Sauf que nous ne sommes pas des garçons.
Je ne dirai pas qui est qui. Mais c'est parce que nos rôles sont interchangeables.

Sinon, je souris beaucoup en relisant Les Peanuts de Charles M. Schulz, de ce sourire qui se teinte d'un peu de mélancolie.

mercredi 25 juin 2008

Gelives chimères

KATMEER
Egarée du bulbe


A tous les coins d'étagère
de 10 à 18 heures
certains jours
de la semaine
y compris
le samedi
et le dimanche
Zioup ?
Shéglenedsultap !

zioup

Dessin de Nikita Mandryka

samedi 16 février 2008

Ecce idiotes


concombre hiver

Les jours de l'humanité sont comptés.
Différentes expéditions avaient été envoyées dans le plus grand secret pour retrouver le maudit compteur.
Maintenant, tout le monde est au courant et tout le monde s'en mêle.
Mais non. Ce ne sont pas les jours de l'humanité qui sont comptés. C'est le genre humain qui peut compter ses abattis.
L'humanité n'a jamais existé. Elle a simplement eu lieu par de minuscules efflorescences et affleurements, ici et là.
Il arrive peut-être à chaque homme, au cours de sa vie, d'être humain le temps de quelques secondes.
Mais il n'y aura jamais d'humanité parce que le genre humain est dominé par de vieilles pies.
Ces misérables individus sanguins, colériques, atrocement agités, qui ont un répugnant besoin d'être aimés.

Thanks to Mandryka et son Chourave en illustration
(bien qu'ils n'aient rien à voir avec ce que j'écris, une mystérieuse accointance quand même, peut-être)

dimanche 10 février 2008

Des Bulles et Déclics

J'ai toujours aimé la BD, un genre à part entière qui parle autant à mon imagination ou à ma réflexion que la littérature et le cinéma. Avec sa propre grammaire faite de mots et de dessins, ses formes de narration particulières et ses visions singulières du monde. Longtemps, je me suis fait plaisir en imaginant que Le Marsupilami ou Snoopy existaient dans un univers parallèle au mien, que peut-être un jour la jonction se ferait et que je les rencontrerais. Qui sait ? Je ne suis pas encore fermement convaincue du contraire.
Depuis quelques années, j'ai un peu décroché face à la déferlante. Mes références sont donc majoritairement des classiques. Mais j'ai grande envie de m'y remettre, je m'arrête de plus en plus longtemps dans les rayons pour feuilleter les auteurs modernes, je vois des récits qui s'ancrent souvent dans la vraie vie, de nouveaux styles narratifs qui me tentent Si vous avez des références à m'indiquer, n'hésitez pas. Blutch, Trondheim, Burns, les mangas... j'arrive !

Quelques BD, piliers de ma bibliothèque à malices.

jerry_spring gil_jourdan Mes premières BD, chipées à mon frère : Jerry Spring de Jijé et Gil Jourdan de Tillieux
Avec Jerry Spring, je me délectais des splendides images de chevaux galopant et de toute l'ambiance de l'Ouest américain. Le héros, jouant de la guitare et du colt, défendait les Indiens avec son pote Sancho le Mexicain. De sacrées échappées sauvages.
Avec le détective Gil Jourdan, c'était le fou-rire garanti. Aucune énigme ne résistait à son humour pince sans rire, à son ingéniosité, et à son association loufoque avec l'ex-cambrioleur Libellule. A eux deux, ils ridiculisaient la police.
A la même époque, il y avait aussi le trappeur Blek le Roc, colosse blond aux pectoraux saillants, qui luttait contre l'envahisseur anglais, une passion d'enfance que je partage avec Oxygène huhu.
Des combattants finalement mes premiers modèles de héros.


mauss La BD qui m'a vraiment fait réfléchir : Mauss de Art Spiegelman
La Shoah par le fils d'un rescapé des camps. Des images noires, souvent saturées d'encre, où les Nazis sont des chats et les Juifs des souris. L'horreur de l'extermination s'est gravée en moi, mais j'ai pu percevoir comment se décidaient la mort et la vie dans les camps de concentration, combien il fallait savoir "organiser" pour survivre dans cet enfer et combien l'entraide y était à la fois fondamentale et dérisoire. C'est ensuite que je me suis plongée dans Primo Levi et Robert Anthelme. La force de Mauss tient aussi beaucoup à l'entrelacement de l'Histoire avec l'intime, du passé avec le présent car, à travers une relation père-fils hantée par l'Holocauste, c'est aussi le récit de la quête d'un père, de l'obsession des fils pour l'histoire des pères, de leur culpabilité de n'avoir pas connu leurs souffrances : comment survivre à un survivant ?

chat_rabbin chat_freddy Les BD qui plaisent aussi à mes greffiers : Le Chat du Rabbin de Joann Sfar et Le Chat de Fat Freddy de Gilbert Shelton
Le premier, qui se met à parler après avoir croqué le perroquet de la maison, veut faire sa bar-mitsva et se lance donc dans l'étude des textes saints. Ses joutes verbales avec le rabbin, ses dissertations malicieuses et son sens de la contradiction m'ont ravie. Une plongée poétique et cocasse au coeur de la spiritualité juive et de la culture Séfarade dans l'Algérie des années 1920.
Le second emporte dans l'univers hippie et les délires bien allumés des freaks qui courent le joint. Mais ce pagailleur de première bourre, qui ne pense qu'à empoisonner la vie de Fat Freddy est d'une mauvaise foi réjouissante alliée à une bonne dose de folie, et d'une volonté toujours affirmée de marquer sa supériorité sur l'homme.

valentina La BD qui m'a bien émotionnée : Valentina de Guido Crepax
Pas de doute, voilà du dessin qui bande (hola, ce n'est pas de moi mais de Barthes, alors bon) et un personnage qui m'a totalement séduite. Inspirée par Louise Brooks avec son épaisse frange noire, ses lèvres charnues, son regard lointain, Valentina déploie ses formes rondes harmonieuses et sensuelles dans un monde étrange, entre rêve et fantasme. Le dessin est magnifique, élégant, délicat, plein de courbes et de déliés. Crepax effleure et suggère et c'est ce qui me troublait. Valentina a représenté pour moi une forme de libération sexuelle et d'audace, une invitation érotique jusqu'aux vertiges masochistes.


corto_mersalee.jpeg blueberry.jpegLes BD qui m'ont rendue amoureuse : La ballade de la mer salée de Hugo Pratt et tout Blueberry de Charlier & Giraud
Ah les bruns mystérieux qui cachent leurs blessures sous l'insolence, leur fragilité sous leur virilité. Des hommes insaisissables au charme pour moi envoûtant, dont on sait qu’ils ne pourront que faire souffrir, des solitaires épris de liberté et de grands espaces, des âmes sensibles et rêveuses. Corto Maltese, l’aventurier romantique et anarchiste emportant tant de légendes accrochées à ses basques. Blueberry, la forte tête indisciplinée, grande figure de l'Ouest sauvage, défenseur des Sioux et des Navajos. Et comment ne pas succomber à Corto quand il dit à Pandora lorsqu'ils se quittent : c'est justement parce que tu ne ressembles à personne que j'aurais voulu te rencontrer toujours... n'importe où...

snoopy La BD qui continue à m'accompagner : Snoopy et les Peanuts de Charles Schulz
Une poignée de bambins étonnamment mûrs, qui n'ont pas grand chose à voir avec l'innocence ni avec les bons sentiments. Rien de la veulerie et de la brutalité du monde adulte ne leur est étranger. Linus et sa couverture qui le protège comme une armure, Snoopy le chien individualiste qui passe le plus clair de son temps à rêvasser allongé sur le toit de sa niche, s'évadant de son absurde et modeste condition canine. Une image de notre humanité fragile et hâbleuse, lucide et rêveuse, débonnaire et cruelle. Sous ses allures naïves, une satire mordante de la comédie humaine. J'aime les Peanuts qui dynamitent le monde des adultes. Pour tout dire, je me reconstitue peu à peu l'intégrale...

NB - Je n'ai pas parlé du Concombre Masqué car je bassine déjà bien souvent avec, ni de Reiser car je lui ai consacré un petit billet. Et il y en a tant d'autres. Et puis, le festival de BD d'Angoulême a fêté ses 35 ans.

mardi 18 décembre 2007

Sourire de requin

Je conte un conte à ma greffière Valentine Chacureuil qui me regarde d'un air ahuri. Evidemment, ce n'est pas avec ce genre d'invention que je vais la convaincre de la bonne santé mentale de la zumaine qui est censée veiller à son bien-être. Les chats sont d'un tempérament très sceptique. Et ils ont la langue bien pendue en général.
Mais qu'y puis-je ? Il y a des jours où l'on navigue au ras du plancher. Mais, comme me le disait Naya, y'a des moments où il vaut mieux en rire. Cela ne se voit pas forcément ici, mais je ris comme un requin qui mord.

Moi : Un jour, il était une fois un petit requin blanc qui avait des dents de souris. Il était d'un naturel curieux et avide de connaître le monde.
Valentine : ??
Moi : Je ne sais pas trop. Bien sûr, il y a toujours des gens qui disent que c'est parce qu'il avait une maman requin et un papa souris.
Valentine : ??
Moi : Disons qu'il était blanc comme un linge.
Valentine : Comme du papier peut-être.
Moi : Non, non, c'était un vrai.
Valentine : ??
Moi : Sinon, il n'aurait pas pu nager dans l'eau.
Valentine : Ca c'est sûr, c'est dans l'eau que l'on nage. Mais des fois c'est dans le pastis ou dans la choucroute. Y'a qu'à te regarder !
Moi : Ha ha, tu me chatouilles les oreilles !

Oui, c'est tout. y-)
Et puis Valentine se trompe. Dans la choucroute, on ne nage pas, on pédale. Non mais !

chourave
(so long Mandryka)

jeudi 13 décembre 2007

Les choses domestiques

J'ai fait une lessive, j'ouvre le tambour, non cela n'a rien d'extraordinaire, suffit de ne pas mettre du noir avec un vieux tout doux tee-shirt-Snoopy-que-j'aime-dormir-dedans de couleur claire. L'étendoir qui est accroché au plafond se fige tout de travers, il est coincé. Quand tout le linge est étendu évidemment et qu'il pèse un âne mort mouillé (j'aime beaucoup cette expression). En essayant laborieusement de le remettre d'aplomb, je manque plonger hors d'un escabeau fort instable parce que le sol en terre cuite n'est lui pas du tout d'aplomb. Mais je gagne, cet aérozigue se tient à présent droit au garde-à-vous.

Puis je casse un verre, un des derniers survivants. Il faut que je passe l'aspirateur si je veux éviter d'avoir à me ruer chez le vétérinaire avec un greffier intempestif aux patoches ensanglantées.

Je range l'aspirateur, le fil s'emmêle, cette saleté de range-fil automatique n'en fait jamais qu'à sa tête.
Et je jette le paquet de farine par terre, je pensais me faire des crêpes, c'est raté. De toutes façons je n'ai plus d'oeufs. En fait il n'y a pas grand chose dans mon réfrigérateur : trois courgettes qui se battent en duel et des yaourts aux fruits que je n'aime pas. Même plus de ces petits fromages emballés d'une pellicule rouge qui font parfois mes délices.
Bon, il faut que j'aille à nouveau passer l'aspirateur.

Tiens, je croyais que je devais travailler dur aujourd'hui ?
Maintenant, c'est l'ampoule de ma lampe de bureau qui vient de griller. Fatalité.

En plus, comme la nuit tombe, je remarque qu'une guirlande illuminée a été frauduleusement accrochée sur ma maison, et que chez les voisins un Père Noël berduleux grimpe sur la cheminée. Schniaque, Allez tous au bugle !

Bon, je pense m'allonger dans un bain bouillant et moussant anti-écologique au possible, puis me concocter de régressives et néanmoins délicieuses coquillettes. Au beurre, au jambon et au gruyère. Si j'en trouve.

Je concède que cela n'a rien de très intéressant. Mais that's life, no ?

concombre_raleur
(Mandryka que j'adore, promis, un jour j'élève un monument à ta gloire)
(Concombre Masqué, pitié, viens m'emmener au pays des rêves de sable, là où nous avons tous une araignée dans le plafond)