Outrelande

Histoires d'ici et d'ailleurs

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samedi 6 mars 2010

Bruits de coulisses


harebrain.JPG Léon : Ah beh ouais mais qu'est ce qui se passe donc ici les zamis ? Y'a la boite mail qui déborde (enfin presque faut pas exagérer non plus), puis toute une pile de commentaires qui s'entassent bien esseulés sans réponse.
Outrelande serait abandonnée, les clés jetées par-dessus les moulins ?
Meerkat aurait disparu à ce que j'entends dans les terriers ?



margaret.JPG Margaret : Ah oui, tiens donc, j'ai entendu dire ça aussi. Elle aurait pris ses cliques et ses claques et elle serait partie ailleurs avec Valentine Chacureuil sous le bras. Faut pas vous inquiéter vous savez, faut pas penser qu'elle est malade, non. Moi je l'ai vue, encore pas plus tard que tout à l'heure, elle ne va pas si mal. Enfin je ne parle pas du ciboulot, ça c'est autre chose. Mais physiquement, pour son âge, elle tient encore la route.


lambchop.JPG Hector : T'as raison le gallinacé, moi je la trouve gironde. Mais le caractère par contre ouhlala, c'est une autre paire de manche. Mars c'est le mois des fous, c'est sûr, elle ne faillit pas à la tradition ! Elle sait pas ce qu'elle veut, un coup elle rit, un coup elle pleure. Et puis pour vous claquer brutalement la porte sur le nez, elle est champion du monde. Quand je pense à tous ceux qui croient qu'elle est douce comme un agneau, ils se foutent le doigt dans l'oeil et jusqu'au coude.


glamourplus.JPG Sigmund : Oh toi dis donc le mouton, réfléchis cinq minutes. Tu sais bien qu'elle est traumatisée d'enfance. Elle croit qu'elle n'a pas de place. Elle croit qu'elle est en trop. Une place, elle n'en veut pas d'ailleurs, l'est jamais capable d'en demander une, c'est ça le truc. Alors tu penses bien, ici, au bout de tout ce temps, ça lui devenait pesant. Va savoir Charles, elle se sentait un peu contrainte, et puis elle n'a plus envie de parler d'elle.


fatrat.JPG Séraphine : Ah, je t'arrête tout de suite mon cher, avec nous elle est super cool, on s'amuse bien. Et elle a tout un paquet de mots dans sa besace qui font bien notre affaire, j'aime bien quand elle nous raconte des histoires au coin de la cheminée en mangeant des crêpes. Si elle vire vraiment sauvage, on est mal partis nous zotres.


mysticmog.JPG Evariste : Patate, c'est une zumaine, l'est pas tout à fait comme nous. Elle a pris le vent du large, elle veut voir de verts pâturages, franchir la ligne des océans. Faut juste lui laisser du temps. Puis elle reviendra. Voilà tout. Elle a la chance d'avoir des amis par ici et sur la grande toile. Puis je peux vous dire à vous, lecteurs et commentateurs, qu'elle vous envoie des bisous. Et qu'il ne faut pas vous inquiéter pour elle.


Alors nous, les petits papoteurs, nous nous sommes tous échappés du pinceau de Kay McDonagh pour venir occuper un peu la place. Non mais, ici c'est un peu chez nous, quand même !

lundi 8 février 2010

Au vert félin

J'étais là, vacante devant la page blanche, toute renfrognée face au ciel plombé et aux champs dénudés, quand ma greffe Valentine Chacureuil s'est amenée très affairée, les moustaches frétillantes : mais qu'est-ce que tu fabriques à ne rien faire qu'à chercher à attraper des mots qu'elle m'a apostrophée ? Dégote quelques livres en vitesse qu'on s'amuse un peu, et trouve une idée en l'honneur du vert pour faire plaisir à mirovinben.
Voici donc notre participation conjuguée pour le DVMEH, Du Vert Même en Hiver.

chatvert.jpeg

On fut heureux tout de suite dans ce pays. La neige était blanche et les arbres verts. La viande était rouge et le charbon noir. Le ciel était bleu, la lune était jaune. Bon climat, bon esprit, bon esprit, bonnes moeurs. Légumes habituels. Pas de mouches. (Peu de mouches). Et de lion, pas du tout. On fut donc heureux. Sauf quelques personnes qui se tracassent toujours sur des points de détail.


Allez, au diable les tracas, le printemps sera bientôt là. Verdoyez, verdures drues !

Norge, Un pays, Les cerveaux brûlés in Poésies, Poésies/Gallimard
Selçuk, Regards de Chats, Pastel, l'école des loisirs
Chacureuil, à l'assemblage (mais chacun reconnaîtra aisément qui de nous deux a choisi quoi)

samedi 30 janvier 2010

Bonheur du soir

Sur le chemin de la forêt un Anima à grandes oreilles a déposé une merveille. On ne peut plus alléchée, je me précipite au rayon littérature latino-américaine de la bibliothèque de la maison. Zut, de Luis Sepúlveda n'a été engrangé qu'un seul ouvrage, je ne sais comment cela est possible mais il me faudra pallier ce manque. Évidemment je regarde la petite troupe solidaire qui se presse sur ce même rayonnage. Je suis déjà en lecture avec Alejo Carpentier. Tiens, Cent ans de solitude, quel bonheur ce livre, vraiment je devrais le relire. Ah mais là, c'est Julio Cortázar. Hop, Les armes secrètes passe sur le haut de ma pile à lire. Puis je tire Cronopes et Fameux, je feuillète, je tombe sur un discours qui pour le coup me fait sourire jusqu'aux oreilles.

Tout d'abord, le quatrième de couverture de Cronopes et Fameux :

Savez-vous lire l'heure en effeuillant un artichaut ? Tuer les fourmis à Rome ? Monter un escalier en connaissance de cause ? Poser correctement un tigre ? Vous faut-il des instructions pour pleurer ? Pour avoir peur comme il faut ? Vous arrive-t-il de jeter les timbres-poste que vous trouvez laids ? De tremper un toast dans vos larmes naturelles ? Avez-vous parfois envie de dessiner sur le dos d'une tortue une hirondelle ?
Si vous répondez " oui " à six de ces questions vous êtes un Cronope, un de ces êtres qui font, depuis quinze ans, carrière en Amérique latine : on dit -on écrit même dans la presse- que Monsieur X ou Y est ou n'est pas un Cronope authentique. Cela suffit pour que le lecteur sache à qui il a affaire.
Dans le cas contraire, vous risquez d'être un de ces Fameux qui conservent leurs souvenirs enveloppés dans un drap noir : pour votre tranquillité, mieux vaut s'abstenir de lire ce livre.


Et puis le texte, intitulé Discours de l'ours :

C'est moi l'ours des tuyauteries de l'immeuble, des tuyaux de l'eau chaude, du chauffage, de l'air frais, je vais par les tuyaux d'étage en étage, je suis l'ours qui va par les tuyaux.
je crois qu'on m'apprécie car mon poil nettoie impeccablement les conduits, je cours dans les tuyaux sans répit et sans trêve et rien ne me plaît tant que de passer d'étage en étage en glissant le long des tuyaux. Parfois, je sors une patte par un robinet et la jeune fille du troisième crie qu'elle s'est brûlée, ou je grogne à la hauteur du fourneau du deuxième et la cuisinière Wilhelmine se plaint qu'il tire mal. La nuit, je vais en silence, je vais sur la pointe des pattes, je sors mon nez sur le toit pour voir si la lune danse là-haut, puis je me laisse glisser dans la cheminée, comme le vent, jusqu'aux chaudières du sous-sol. Et l'été, je nage la nuit dans le réservoir piqueté d'étoiles, je me lave le museau, d'abord avec une patte, puis avec l'autre, puis avec les deux à la fois ce qui me remplit d'une joie extrême.
Après quoi, je dégringole par tous les tuyaux de la maison en grognant d'aise et les maris-et-femmes s'agitent dans leurs lits et pestent contre la plomberie défectueuse. Il y en a même qui allument et notent sur un petit papier : penser à se plaindre au gérant. Je cherche le robinet qui est resté ouvert à quelque étage -il y en a toujours un- je mets le nez dehors et je regarde l'obscurité des chambres où vivent ces êtres qui ne peuvent se promener dans les tuyaux et j'ai un peu pitié d'eux à les voir si grands et si maladroits, à les entendre ronfler et rêver à voix haute, ils sont si seuls. Lorsque le matin ils se lavent la figure, je leur caresse les joues, je leur lèche le nez, et je m'en vais, vaguement assuré de leur avoir fait un peu de bien.

Julio Cortázar, Discours de l'ours, in Cronopes et Fameux, NRF/Gallimard



La bibliothèque est certainement la plus forte présence dans la maison des bois. Elle a sa vie, ses espaces, ses habitudes maniaques, ses grains de folie. Je la connais assez mal, n'en ayant pas percé tous les mystères et d'ailleurs ne le souhaitant pas. Je soupçonne quelques livres de s'amuser à voyager la nuit, en quête de bonne compagnie, certains d'ailleurs s'oublient par terre. Tandis que d'autres, étroitement accolés, refuseraient absolument de se quitter. Nos relations sont fluctuantes, cette bibliothèque je ne l'aime pas toujours, surtout quand elle m'oppose une façade butée et refuse de donner suite à mes recherches. Bien des fois tous ses livres me pèsent et je me promets de les rôtir dans un grand feu. Souvent sa puissance me réconforte, elle est si chaleureuse quand elle est de bonne humeur. Mais chaque fois que, furetant auprès d'elle, je suis attirée par un livre que je ne savais pas être là, ou que je trouve précisément le livre que je désirais, je sens, au plus profond de ma poitrine, mon cœur se bouleverser. Le lien avec Sevi se retisse immédiatement. A chaque fois, je suis émerveillée de la justesse de ses choix, de l'étendue de ses curiosités. De la somptuosité éclectique de celle qui demeure sa bibliothèque et qui reflète si bien ce qu'il était.

Ainsi, entre la vitalité heureuse de mon souvenir et la gaieté farfelue de ma lecture, je passe ce soir une soirée délicieuse.

Avant d'aller dormir, je glisserai ce discours à ma chaudière, je sais qu'elle en ronronnera de plaisir et qu'elle passera le mot à la tuyauterie, j'espère bien que demain matin, un ours me posera sur le nez un bisou tout mouillé.

vendredi 29 janvier 2010

Que le diable les étripatouille !

Je n'ai jamais accroché à Tintin. J'étais à fond Spirou et je tenais à rester fermement fidèle à mon camp (j'étais aussi 100% Rolling Stones mais quand même les Beatles j'aimais). Tintin me semblait bien trop gentillet, pâlichon et désuet avec ses pantalons de golf. Et il faut bien dire que Milou n'avait pas non plus le culot du Marsupilami. Mais il y avait le bourru, alcoolique et bouillant Capitaine Haddock qui vociférait de truculents coups de gueule. Selon Albert Algoud qui a écrit Le Haddock Illustré, le Capitaine Haddock aurait livré plus de 220 invectives pendant toutes ses aventures.

Pour mémoire, voici une petite bordée d'insultes, les hardies compositions de type alimentaire ou ménager ayant toute ma faveur :


insultes2.jpg Amiral de bateau-lavoir - Apprenti-dictateur à la noix de coco - Astronaute d'eau douce - Bachi-bouzouk des Carpates - Bayadère de carnaval - Bulldozer à réaction - Cloche à fromage - Coloquinte à la graisse de hérisson - Concentré de moule à gaufres - Cornichon diplômé - Cyrano à quatre pattes - Ectoplasme à roulettes - Enfonceur de portes ouvertes - Extrait d'hydrocarbure - Faux-jeton à la sauce tartare - Garde-côte à la mie de pain - Jet d'eau ambulant - Jus de réglisse - Krrtchmvrtz - Loup-garou à la graisse de renoncule - Macchabée d'eau de vaisselle - Mille millions de mille milliards de tonnerre de Brest - Mitrailleur à bavette - Mussolini de carnaval - Simili-martien à la graisse de cabestan - Sous-produit d'ectoplasme - Squelette de pantoufle - Tchouk-tchouk nougat...


Aaahhhhhhhhh, ça fait du bien ! Traiter un qui nous les casse de squelette de pantoufle ou d'extrait d'hydrocarbure, pas mal du tout, ça doit déconcerter, non ?
Et si nous en inventions d'autres ?


La liste complète se trouve ici.
Illustration : le Capitaine Haddock et Milou, de Hergé (mille sabords de krrtchmvrtz, je ne sais plus d'où ça vient)

mardi 12 janvier 2010

Jeux de greffier

valico.jpeg

Par ce temps gris et froid où la neige vous colle glacée aux patounes et vous empêche d'aller affoler quelques zoziaux pour le plaisir de les voir détaler dans les airs, je vaque dans la maison, un brin désœuvrée. Evidemment, j'ai un petit panier avec des joujoux, des baballes, des souris en peluche, mais ces gadgets ont été inventés par les zumains et je laisse donc la zumaine s'amuser avec. Heureusement, la maison regorge de jouets [1] autrement mieux appropriés, que je vous propose mes grands amis greffiers du Ouèbe d'expérimenter avec moi :

cyrk.png

  • l'interrupteur : allumer Versailles d'un simple coup de patte
  • le réveil pendule : tourner les aiguilles dans tous les sens et les arrêter sur l'heure du repas
  • la cuvette des WC : tirer la chasse et écouter le splash glougloutant
  • le papier WC : vérifier la longueur du rouleau
  • la baignoire : réclamer à grands cris l'ouverture d'un filet d'eau en faisant semblant de mourir de soif et balancer de l'eau partout
  • la savonnette : faire glisser comme un palet de hockey jusque dans le salon
  • la penderie : ouvrir la porte et se construire un nid douillet en laissant choir quelques vêtements des cintres
  • le double-rideau : escalader en y laissant une belle empreinte de griffes au milieu et se promener sur la tringle
  • le paquet de riz : éventrer le paquet et en éparpiller harmonieusement le contenu dans la cuisine
  • la poubelle : renverser l'objet, étaler le contenu par terre et faire son choix
  • le réfrigérateur : ouvrir la porte et se servir, bien sûr ne pas refermer la porte

J'attends vos suggestions les copains !

Et puis, si vous voulez m'admirer en vrai et, tout en vous réjouissant les mirettes, lire un récit bien troussé et drôlement enlevé, clic-clac ici. Je vous donne rendez-vous chez mon impresario loupiotte, et profitez-en pour faire une joyeuse balade sur ses chemins de mots.

Illustration : affiche de Cyrk (même que la zumaine avait celle-ci exactement dans un couloir d'un lieu que je ne connais pas, en un temps où je n'étais pas née, comment est-ce possible ?)


Notes

[1] inspiré de "Comment vivre avec un chat névrotique" de Stephen Baker (bien que je m'insurge contre le qualificatif de "névrotique" qui ne concerne bien entendu que les zumains)

dimanche 10 janvier 2010

Un fer à souder please !

Je descends me faire un petit café et horreur, j'entends une cascade en furie. Un oeil à la chaudière, non elle ne semble pas se liquéfier sur place, un oeil au lave-linge, bon la lessive est finie. Je me précipite sous le préau attenant à la maison. Damned, un geyser s'échappe d'un tuyau sortant de la maison, dûment enveloppé mais néanmoins irrémédiablement fendu. Vite, se ruer dans le jardin, soulever la plaque de béton qui pèse trois tonnes, me mettre à plat ventre, enlever les protections, couper l'eau (non, il n'y a pas de bidule pour couper l'eau dans la maison, cela aurait été trop simple, nous n'avons jamais pu repérer l'arrivée d'eau dans la maison !). Evidemment c'est dimanche. Inquiétudes. Est-ce un tuyau relié à la chaudière qui se trouve juste derrière, de l'autre côté du mur ? Semble que oui et il continue de couler faiblement. Est-ce que la chaudière se vide ? Possible. Je tourne un loquet posé sur ce tuyau mystère. D'accord il ne coule plus. J'en suis là. J'attends. Pour l'instant il fait chaud et j'espère que la chaudière va continuer à ronronner tranquille. Mais il n'y a plus d'eau dans la maison. Ce n'est pas la première fois. J'ai déjà eu droit à diverses combinaisons dont de l'eau mais ni électricité ni chauffage. A tout prendre je préfère le cas d'aujourd'hui. Puis je pourrais éventuellement remettre en marche le circuit d'eau qui alimente le jardin et avoir de l'eau à l'extérieur ?

Si quelqu'un pouvait me parachuter un fer à souder, ce serait bien. Ah, et aussi une galette à la frangipane. Parce que les routes sont toujours bloquées par la neige et mercredi j'ai oublié celle que j'avais achetée dans la remorque du garagiste. Oui, parce que ma voiture a une cosse de travers du côté du boitier d'injection. Pas grand chose mais elle m'a traitreusement abandonnée d'un seul coup en pleine route. Je suis donc sans voiture. Sans galette. Sans chocolat. Et sans eau.
Et dire que j'étais en train de préparer un beau billet à la gloire de ma maison et à la fiabilité de ses équipements...

PS de Valentine Chacureuil : et puis quelques boîtes de thon siouplaît, la zumaine dit qu'on va tous devoir manger des brocolis maintenant, au secours !


Edit du 11 janvier à 17 heures : Ca y est ! Dépannée ! Tuyau changé (mais c'est que pour souder, il faut tout un équipement, pas juste un chalumeau), eau à tous les robinets (un privilège que j'apprécie je crois à sa mesure ). J'ai fait la vaisselle avec délectation. Chaudière ronronnante. Voiture réparée et récupérée, demain je ravitaille (et une galette, une !). Merci à "mon" plombier et à "mon" garagiste (des costauds super gentils en plus). Et merci à vous tous de votre soutien.

mardi 3 novembre 2009

Badibulguer en outrelande

Je suis très contente des visiteurs qui arrivent en outrelande amenés par un moteur de recherche. Ils ne laissent pratiquement jamais de commentaires, ce qui est dommage, mais leurs motivations sont souvent délicieuses. Leur orthographe est de fort bonne tenue, ils respectent la ponctuation, ils ne posent pas de questions salaces, ne formulent pas d'injures, mais plutôt...

chat_bleu

... des envolées poétiques

suivez le mistral dans la bouche du côté de la mer et de la bonne mère
j'aime rêver entre les nuages
le sphinx lourd qui blesse la joue comme un caillou
j'ai surgi en mai de la lande fleurie
cueille cueille la rose et ne t'occupe pas de ton destin
je suis partout je suis nulle part et j'ai perdu mon temps (c'est tout moi en effet)

... des vœux d'amour

il vaut parfois mieux quand on est oiseau fragile rester près de celui qu'on aime que courir le monde (je ne peux qu'approuver)
tu as encore de la mélancolie, pourquoi ?
quand on aime et qu'il ne se passe rien (certes, j'en connais un rayon sur le thème)
tu me parles avec des mots et je te regarde avec des sentiments
c'est justement parce que tu ne ressembles à personne que j'aurais voulu te rencontrer toujours... n'importe où (ahhhhhhhh !)
ti voglio bene amoureux
ton odeur ta peau

... des interrogations métaphysiques

tutoyer les anges ca veut dire quoi ?
fatrasie mathématique
je voudrais parler à Laure de Nada the Lily
pourquoi une pomme tombe-t-elle plus rapidement à terre qu'une feuille de pommier ?
durant la Guerre de 14-18, qu'appelait-on une tourterelle ?
où trouver des potes jartelles pas chères par correspondance ? (j'aimerais le savoir)
cherche cornet acoustique pour personne sourde
je n'utilise pas de pince à linge pour faire sécher les chaussettes
fatiguée de glabougner dans le non-être (moi aussi)
je sens comme des bulles d'air dans mes côtes

... des animaleries

wiki prince mousty (coucou bel astre, tu montes en grade)
un chat a eu une morsure ou griffure par une chauve-souris, koi faire ?
les étourneaux s'abattent par volées sur les figuiers
est-ce que vers 3 ans le bull-terrier s'assagit ?
comment exterminer des mulots dans une maison mansardée ? (ah non, surtout pas)
des photos des cochons avec des ailes et ses jambes élastiques
mammifère doté d'un nombril, il pond des oeufs
la chanson du loup qui a enfilé les soulier du fermier


L'aneonyme et le dieudeschats, vous qui posez une patte en ces lieux pour mon plus grand plaisir, sachez que vous êtes recherchés jusqu'ici. Mais pas d'inquiétudes, vous êtes en très agréable compagnie, entre Norge, Michaux, Pessoa, et le Marsupilami ! Houba houba hop !!
(il va sans dire que si je suis contente des visiteurs qui passent au gré de leurs recherches, je suis enchantée des liens qui se nouent avec les personnes qui commentent mes billets, oui, enchantée, ravie, touchée de ces échanges qui se tissent).



Illustration de Tomi Ungerer

vendredi 9 octobre 2009

Les manchots sont des dauphins qui ont atterri

Paroles en l'air, entendues par hasard ou presque.

A la librairie, au rayon philosophie, un père et son fils probablement.
Le père, montrant L'avenir dure longtemps de Louis Althusser : tu connais Althusser ?
Le fils : muhm...
Le père : tu sais ce qu'il a fait ?
Le fils : non
Le père : il a tué sa femme, il a écrit ce livre et il est mort
Là dessus, ils sont partis plus loin.
(oui il y a dans ma campagne, enfin à la grande ville pas trop trop loin, une librairie qui expose Althusser)(sacrée synthèse d'une vie et d'une œuvre, non ?)

Au marché, devant le stand d'un fromager, une dame avant moi se fait servir et hésite sur son choix.
Arrive une autre dame qui attend quelques instants puis déclare sans s'adresser à personne : je vais chercher mon pain parce qu'elle ne sait pas ce qu'elle veut celle-là !
(l'impatience gagne, on le constate tous les jours)

A la boulangerie, un petit garçon regarde les pains au chocolat et tire sur la manche de sa mère.
Le petit garçon : je ne sais pas si les poissons dorment et si oui comment ils font ?
La mère : grmmmpf
(les mères, franchement...)

Chez moi, je bois un coca whisky pendant que la greffe Valentine Chacureuil sirote un bout de beurre et que le sieur Gribouille fait semblant de dormir, la télé bavasse les faits-divers habituels.
Moi : qui est le premier homme qui a eu l'idée de se mettre un bas sur la tête ?
Valentine : c'était peut-être une femme ?
Gribouille : avait-il l'idée du hold-up avant ou l'a-t-il eue après ?
(nos conversations sont fort intéressantes, je vous l'accorde)

Et à part ça, je suis bien celle qui ne sait pas de quoi il est question au juste.
N'importe quoi ici ? Sans doute. Autant savoir que cela ne s'arrangera pas.

lundi 21 septembre 2009

Entre les buts

Voici que j'aborde un tout nouveau territoire professionnel, le commentaire sportif. J'ai donc préparé quelques antisèches convenablement anodines à mon sens. J'espère que ces formulations passeront la rampe pour une retransmission télévisée.

Lamiel, lancé sur le terrain, reçoit la balle, raplatit l'espace dans le temps, fauche à la mort sa chique et la transmet aussi vite que possible à Blérot qui déborde son vis-à-vis et s'enfile entre deux montagnes d'os craquantes qui ne parviennent pas à l'agripper.
Blérot déploie son décamètre mais voilà que la goutte qui depuis trois minutes lui pend au nez lui gratouille l'aile gauche et il éternue ! Blérot éternue ! Le ballon lui échappe des mains vers le bas, il passe entre ses jambes. Juste derrière, il y a Kosmo, le pilier qui vient de franchir le mur du son. Kosmo saisit le ballon, s'engage dans un roulé boulé ravageur. Il rencontre le colossal Kimberley qu'il soulève d'une pichenette. Kimberley s'envole et se jette dans les bras de l'arbitre de touche avec lequel il a une vieille querelle, tous deux sont engloutis dans le fossé. Ils ont disparu ! Kimberley et l'arbitre de touche ont disparu !
Mais pendant ce temps Kosmo, qui défonce le terrain à deux mètres de la ligne de but, pivote comme une gazelle sur son sabot et remet avec le doigt levé le ballon à Blérot revenu à la corde. Blérot bondit, s'approche du sol et entreprend immédiatement de creuser un terrier, et... voilà Blérot qui ressort entre les poteaux où il assène enfin le ballon ! But ! Il y a but !
C'est là une variante d'essai jamais vue. Interloqué, l'arbitre tourne en rond autour du trou et fouille dans ses profondes à la recherche du règlement....

Je vais m'en tenir là pour l'instant. Je dois bien mesurer mes paroles. Il y va de mon avenir à la télé.

jeudi 17 septembre 2009

Grenouillage


grenouilles

le griot et la griotte
le train et la traîne
le cas et la case
le sol et la sole
la chaise et le chais
le cave et la cave
le livre et la livre
l'amant et la mante
le lisier et la lisière
le brouet et la brouette

est-on sûr finalement que le couple masculin-féminin soit une histoire bien assortie ?
non mais, c'est une question sérieuse, je me demandais...
j'ai comme un doute qui passe

de qui est cette image cueillie sur la toile, hélas je n'en sais plus rien... mais ce sont des grenouilles arboricoles