Outrelande

Histoires d'ici et d'ailleurs

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vendredi 22 janvier 2010

Une luciole brille dans la nuit



felicite2.jpg


Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au couchant.

En avril 1890, sur le point de mourir, Isapo-Muxika grand chasseur et grand guerrier de la nation des Blackfeet parla, une dernière fois, de la vie.
in Pieds nus sur la terre sacrée - Textes rassemblés par T.C. McLuhan


21 janvier 2010, 19 heures


jeudi 14 janvier 2010

Black Bird

You fly all night to sleep on stone...

If...
If you...
If you could...
If you could only...
If you could only stop...
If you could only stop your...
If you could only stop your heart...
If you could only stop your heart beat...
If you could only stop your heart beat for...
If you could only stop your heart beat for one heart...
If you could only stop your heart beat for one heart beat.

dimanche 1 février 2009

A little help


chaloupe Auriez-vous des informations sur l'ostéosarcome félin et la solution de l'amputation d'une patte avant ? Gribouille s'est mis à boiter d'un coup et la radio montre une tumeur, le radius et le cubitus sont déjà pratiquement soudés par la prolifération des tissus. L'ostéosarcome évolue très vite et ce type de tumeur se propage aux poumons. J'ai une grande confiance dans mon véto, mais j'aimerais bien avoir ma propre réflexion et là, je suis pas mal sonnée, je n'arrive pas à trouver de liens bien documentés sur le sujet. J'attends les résultats de la biopsie qui précisera de quoi il s'agit exactement et donnera je pense des indications sur les chances de Gribouille et le temps qu'il peut espérer. Il est jeune et costaud comme un sumo. Mais ses défenses immunitaires sont déjà très basses puisqu'il est affecté d'une leucose. Pas de chimio possible. L'amputation ne serait pas la seule solution mais la plus probable. Je ne sais pas si j'arriverai à m'y résoudre. Une telle souffrance pour un chat qui en a déjà tellement bavé.

mercredi 11 juin 2008

La soledad

Bien souvent, Pierrot le Fou de Godard continue de se projeter derrière l'écran de mes yeux.
Film d'amour et de détresse. Escapade à deux saturée de soleil, d'ombres et de couleurs posées à grands coups de pinceau. Au bleu du ciel et de la mer s'allie le rouge du sang et de la dynamite, à la douceur des échappées bucoliques répond la violence des armes, au bonheur à deux s'oppose le désordre du monde en guerre et puis le piège du doute.
Sur une intrigue de roman noir, avec son héros romantique et sa femme manipulatrice, Pierrot le Fou c'est l'impossibilité de l'amour fou.

Pierrot, qui ne s'appelle pas Pierrot mais Ferdinand, tombe amoureux de Marianne. Pour elle et pour ressentir son désir de liberté, il quitte tout et ils partent vers le Sud. Une grande partie du film raconte une vie en marge, sur une plage qui leur tient lieu d'île déserte. Déambulations joyeuses sous la voute des pins, jeux amoureux au creux du sable, gracieuse robe rouge virevoltante, "j'ai une toute petite ligne de chance" chante Anna Karina... "c'est fou ce que j'aime ta ligne de hanches" s'amuse Belmondo.
Se rejoue aussi ce moment intense où les deux amants se retrouvent à Toulon, "pourquoi tu ne crois jamais que je t'aime ? je t'aime à ma manière" dit Marianne, tendant à Ferdinand le carnet de notes qu'il a abandonné sur la plage où elle a griffonné pour lui un poème. Il lit... J'entends la voix de Belmondo.
Il lit la fin d'un poème de Prévert, Lanterne magique de Picasso..., des mots qui disent le monde et l'amour aussi...

pierrot_le_fou

Les idées pétrifiées devant la merveilleuse indifférence d’un monde passionné
D’un monde retrouvé
D’un monde indiscutable et inexpliqué
D’un monde sans savoir-vivre mais plein de joie de vivre
D’un monde sobre et ivre
D’un monde triste et gai
Tendre et cruel
Réel et surréel
Terrifiant et marrant
Nocturne et diurne
Solite et insolite
Beau comme tout.

Marianne lui dit : tu es "solite et insolite". Existe-t-il plus superbe déclaration ? Insolite tu es différent de moi, et solite tu es mon semblable. Solite et insolite, je te reconnais dans ton infinie complexité, je t'aime dans ce que tu as d'irréductible.

Mais l'incompréhension ne tardera pas à pointer le nez, "tu me parles avec des mots et moi, je te regarde avec des sentiments" reproche Marianne, "tu n’as jamais d’idée ! rien que des sentiments" rétorque Ferdinand. Ferdinand verra son couple lui échapper, son rêve se détruire sans vraiment réagir. Ce passionné qui voudrait un peu de beauté "dans un monde d'abrutis" est aussi un homme à la dérive, perdu parmi les autres, en marge de sa propre vie et comme étranger à lui-même, qui songe "je voudrais être unique, j’ai l’impression d’être plusieurs". Le déchirement se résoudra quand, après s'être barbouillé le visage de peinture bleue, il s'entourera de dynamite rouge et jaune, et explosera face à "la mer allée avec le soleil" de Rimbaud. Projeté dans l'éternité de l'amour.

Pierrot le Fou était sans doute la lettre d’adieu du cinéaste à la comédienne qu'il avait tant aimée, le constat d’un amour absolu impossible à vivre ici-bas.
Godard dit ne plus aimer beaucoup ce film. Moi, il continue de me transpercer. Il est si présent en moi que je ne l'ai jamais revu.

, le poème de Prévert. Ici, la promenade dans la pinède, émouvante pour moi au-delà du raisonnable. C'est peut-être idiot mais l'enfance et le jeu dans l'amour me font toujours frissonner. Je me dis que cela reviendra bientôt. Sûrement.

mardi 19 février 2008

Tombe la pluie

Quand le cœur bat de travers, quand l'absence suffoque et que la vie paraît si peu supportable, je m'en vais lire Cesare Pavese... Tristesse et violence entremêlées, émotion barrée de sévérité, ses mots sont un rempart à la douleur. Parce que la douleur, le romancier et poète italien, communiste et antifasciste, traducteur entre autres de Melville, Dos Passos et Joyce, il l'a côtoyée de très près.

Toujours en bascule entre le désir de se plonger dans la vie et le désir de s'en retirer, Pavese n'a jamais pu s'adapter au monde où il devait vivre, vacillant entre son présent angoissé, son passé disparu et un avenir incertain. Il y avait un vide en lui. L'absence sans doute de son père mort quand il avait 6 ans et la difficulté d'accéder au monde des adultes. L'écartèlement entre la sauvagerie douce de ses hautes collines piémontaises et la modernité agitée de la grande ville de Turin, entre la tradition ancestrale et l'avant-garde intellectuelle. Il était d'une sensibilité exacerbée que tout blessait, tels ceux, écrit Dominique Fernandez en préface d'une réédition, qui n'ouvrent les yeux que dans le noir, ou sous la lueur de l'aube, quand le monde est vide et que celui que tout contact blesse n'a point à redouter le choc d'une présence inconnue.

Il se déclarait misogyne, mais se déchirait entre ses difficultés à avoir des relations durables avec les femmes, son dégoût pour ses performances sexuelles et celles des autres, et ses exigences d'amour absolu. Pensée d’amour: je t’aime tant que je voudrais être né ton frère ou t’avoir mise au monde, a-t-il noté dans son journal intime Le métier de vivre. Il se heurtait durement à la solitude, doutant d'être aimé et doutant d'être aimable.

Aride et âpre, zébré d'images de violence, de terre et de sang, le sombre Travailler fatigue, son premier livre, trace autour de l'absence et de la mort. Ce n'est pas tant travailler qui fatigue que vivre. La mort, il vizio assurdo tenait profondément Pavese.

Avec les dix poèmes réunis dans le recueil Verrà la morte e avrà i tuoi occhi (La mort viendra et elle aura tes yeux), le ton devient plus mélodieux et plus charmeur. Plus classique aussi. Pavese était inspiré par la femme aimée, celle qu'il appelait hirondelle ou visage de printemps, l'actrice américaine Constance Dowling. Il était amoureux, il souhaitait tant lui plaire et vivre avec elle.

Ce sont ses derniers écrits, il les a laissés sur sa table avant de se tuer dans une chambre de l'hôtel Roma à Turin après que celle qu'il aimait l'ait trahi et abandonné. Quand il a compris qu'elle ne reviendrait pas. Il avait 42 ans. Il ne pouvait plus vivre car il ne pouvait exister sans elle. En lui la faille existentielle était bien trop profonde pour résister et survivre.
Quelques semaines auparavant, ayant reçu le prix Strega pour Le bel été, il avait inscrit dans son journal : Tout cela me dégoûte. Pas de paroles. Un geste. Je n’écrirai plus.
On dit que lorsque un valet de chambre, préoccupé de n’avoir pas vu ce client de toute la journée, finit par forcer la porte, un chat s'est glissé dans la chambre où Pavese était mort.
Le poème La mort viendra et elle aura tes yeux peut se lire ici. Très connu, souvent mis en musique, il a en particulier été chanté par Léo Ferré. Mais c'est celui des chats que j'aime, annonciateurs et douce escorte d'un retour tant espéré.

The cats will know

La pluie tombera encore
sur tes doux pavés,
une pluie légère
comme un souffle ou un pas.
La brise et l'aube légères
fleuriront encore
comme sous ton pas,
quand tu rentreras.
Entre fleurs et balcons
les chats le sauront.

Il y aura d'autres jours,
il y aura d'autres voix.
Tu souriras toute seule.
Les chats le sauront.
Et tu entendras
des mots très anciens,
des mots las et vains
comme les vieux habits
des fêtes d'hier.

Toi aussi, tu auras des gestes.
Tu diras des mots -
visage de printemps,
toi aussi, tu auras des gestes.

Les chats le sauront,
visage de printemps ;
et la pluie légère,
l'aube de jacinthe,
qui déchirent le cœur
quand on ne t'espère plus,
sont le triste sourire
que, seule, tu souris.
Il y aura d'autres jours,
d'autres voix, d'autres éveils.
Nous souffrirons dans l'aube,
visage de printemps.

Cesare Pavese
in La mort viendra et elle aura tes yeux
10 avril 1950

Et avec Cesare Pavese, que j'ai découvert il y a peu et que je me suis mise très vite à aimer, je me demande si je vais toujours être attirée comme par un aimant par des personnes dont je m'aperçois à un moment qu'elles n'ont pas vraiment eu de père... Cette prescience du manque paternel qui me guide vers d'autres est très étrange.


lundi 28 janvier 2008

Gone

Je m'arrête un instant au bord du chemin. Les murs sont trop épais ou trop hauts, je ne sais pas. En tout cas je n'ai pas l'esprit à bloguer. J'ai essayé ces derniers temps, mais non, ce n'est pas ça. Je me sens comme un tonneau vide. Vide n'est pas le bon terme, disons plutôt vidé. Même pas vidé. Essoré.

J'ai besoin d'une pause. J'ai besoin d'un peu de temps pour me sentir revivre. Oh avec moi, ça peut aller vite. Tant demain les espaces d'Outrelande et les échanges ici et ailleurs me manqueront trop. Mais je ne sais pas. J'ai besoin de laisser tomber un peu pour repartir. Je reviendrai quand j'aurais le coeur plus plein.

A bientôt. Quelques jours. Un peu plus.

Je vous laisse en compagnie d'une très belle ballade de Elvis Perkins Moon Woman II.

mercredi 23 janvier 2008

Spirit Song

Me saisissent des fantômes pourchassés. Là au dedans de moi. Démunis, dépareillés, comme asphyxiés de souvenirs violents, yeux ouverts sur le vide de l'effroi. Souvent leur douleur se tait, de temps en temps ils hurlent leur détresse. J'entends leurs voix, même si je ne les saisis pas toujours. Je pleure leurs larmes, même si je ne le sais pas toujours. Ils sont seuls. Ils ont peur. Moi aussi parfois j'ai peur. Le coeur limé, l'esprit désemparé. Je n'ai pas de raison d'être, je me sens de trop ou de rien. Dans quel ailleurs s'en est allé celui qui pouvait me dire : ne t'inquiète pas, je suis là ? Incantation...

Je voudrais qu'il soit là
Qu'il me prenne dans ses bras
Qu'il me dise que tout va bien

Je voudrais écrire pour les disparus qui se pressent dans ma tête. Saisir la dernière main qu'ils tendent, écouter la vie et la mort qu'ils chuchotent encore, étreindre leurs épaules une autre fois. Ne pas les lâcher sur les rivages sombres de l'oubli et du désespoir.

Dans l'obscurité profonde j'entends les pains de munitions qui claquent au pas des mules. Et puis il y a ces longues rumeurs incertaines, ces murmures et ces piétinements obstinés sur lesquels se détachent parfois un éclat de voix. Voix inconnues qui montent vers le front et que j'écoute, les yeux fixes, dans le noir. Voix bientôt tues par des éclats d'obus. Il combattait les oppresseurs de son pays. Il est étendu sur le dos, une grande tache rouge sur sa chemise qui gèle dans le froid glacial.

Dans la boue, toute cette boue, je pense à l'hiver du XXème qui me hante pour toujours. L'hiver d'avant-guerre, l'été de 1914. L'hiver de Jacques Vaché, de Georg Trakl, de Guillaume Apollinaire, d'André Breton, cloaque de sang et de boue. Et l'ultime épuisement de celui qui rêvait tant de toi, Rrose Selavy. Le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l'amour. Sur les terres maudites de Gross-Rozen ou de Terezine. Desnos, Desnos.

Dans la brume douce du petit matin j'entrevois deux braconniers. Ils creusent un piège et le recouvrent de branchages, se déplacent silencieusement dans la jungle et l'encerclent peu à peu. L'air vibre de chaleur et d'humidité, les feuilles se balancent mollement. Bientôt il sera gisant dans la fosse, déchiqueté par des pieux. Tranchées ses larges mains qui ressemblent tant aux nôtres et vendues aux touristes. Condamnée la petite famille sur laquelle il veillait. Il vivait sa vie paisible de patriarche au dos argenté. Il était gorille, mon semblable, mon cousin.

Dans le crépuscule qui envahit les abords enneigés des collines, je perçois sa fuite. Elle croyait que les hommes blancs allaient disparaître et qu'aux premières pousses du printemps les anciens qui étaient morts reviendraient. Mais c'est le tonnerre des détonations qui éclate, étourdissant. Les mitrailleuses Hotchkiss ratissent le camp. Au moment où elle franchit le ravin pour s'échapper, je la vois qui s'effondre, touchée à la hanche et au poignet, sa petite fille pelotonnée contre elle. Elles étaient Sioux, elles restèrent ensevelies sous une tourmente de neige. Enterre mon coeur à Wounded Knee.

Je voudrais écrire pour les disparus qui se pressent dans ma tête.
Mais comment parler à la place des exterminés ? Comment parler quand ils ne sont plus là pour raconter ? Et comment dire l'indicible de la destruction par l'homme, l'indicible des massacres par l'homme ?

lundi 7 janvier 2008

Le guetteur mélancolique



chat_cage

Croisée de l'angoisse
Se déversent les nuages
Becquetées des mauvais moineaux
Maintenant que le vent ne cesse plus de souffler
Cidable Me, sac de plomb et sa queue de plume
Greffe de simplet, esprit limé, souffle vidé
La tête sur la terre et les pieds sur les épaules
Va bon train
Fredonnant la chanson de marche du 36ème dessous
Serrons les dents
Serrons les dents
Mon coeur calcine sous ses talons

Sinon, en ce moment, je n'ai pas vraiment le goût à bloguer. Attendre c'est trop douloureux. Ne pas attendre c'est mourir un peu. Je vais légèrement aller voir ailleurs si j'y suis. Et si ça se trouve c'est demain que je me retrouve. Il suffit de passer le pont.

Image : La cage vide de Chen aux Editions du Désastre

Et toi mon coeur pourquoi bas-tu Comme un guetteur mélancolique J'observe la nuit et la mort
Guillaume Apollinaire

mardi 4 décembre 2007

Sound of silence

En moi ce sentiment grevant d'un indéfinissable
Indéfini peuplé de mots tangents incertains et fugaces
Des envolées de cris d'amour d'angoisse
Qui se vitrifient en silence cristallin
Comme un coup de tonnerre dont je n'entendrai jamais le son
Je broie la détonation du vide contre moi
Tout contre moi
Je ne saurais faire corps avec l'absence
Nos présences en distance
Paire solitaire
Impair, perd et manque

samedi 24 novembre 2007

In the mood for...

En ce moment, le mood est plutôt bad. J'oscille entre l'état d'ectoplasme mou du bulbe et celui de volcan décérébré en fusion, entre la tentation de m'enterrer la tête dans le sable et le désir de fuir ailleurs, je ne sais où mais bien loin. Ce qui dans le fond revient au même, je ne suis plus dans l'agir mais dans le subir et dans l'attente. J'ai de grandes difficultés à écrire, les mots m'échappent, et ne parlons pas de la conceptualisation des idées. Je lis, dans mes blogs favoris, des billets qui me touchent profondément et que je n'arrive plus à commenter. J'ai le coeur dans les talons. Je dérive. Je manque de confiance. J'interpréte et je projette à tour de bras, évidemment toujours dans un sens qui m'est largement défavorable. Une chappe d'angoisse me broie, sans que j'en cerne toujours bien les raisons.
Je me sens comme en exil.
Je rêve de cimes enneigées, d'étendues blanches à perte de vue où mon regard se perdrait, où mes sentiments s'apaiseraient, je voudrais glisser sur des pistes où personne ou presque ne serait.

Et puis, le princident aux manettes de mon pays me révulse. Ses gesticulations frénétiques, son double langage, ses flatteries populistes, sa quincaillerie show-bizz, son culte de la performance, sa manière détestable de nous monter les uns contre les autres... Et derrière toute cette agitation et cette main-mise sur l'espace d'expression public, une politique de droite ultra-dure qui se met en place. Avec des mesures qui se succèdent à une telle cadence que la réflexion en est paralysée. Quand elles ne se font pas en catimini, par simple décret. Au bout, encore un accroissement de la vulnérabilité sociale et des inégalités de ressources. Des perspectives qui plombent.

Enfin bref, c'est dans cet état mirobolant que hier en fin d'après-midi je reçois un coup de fil d'un ami un peu perdu de vue. Pas très en forme lui non plus. Ni une ni deux, je file les 100 kilomètres qui me séparent de la capitale où il est coincé sans moyen de transport. Nous passons une excellente soirée autour du délicieux couscous marocain du Mansouria à égréner nos souvenirs et à nous projeter dans l'espoir des luttes nouvelles. Puis nous allons voir des amis communs. Une fête impromptue, les meilleures. La musique brésilienne me transporte, j'entends parler portugais avec bonheur, quelqu'un chante un fado. Comme une délivrance. Je suis rentrée à pas d'heure mais mon esprit semble s'être désembrumé. Pourvu que ça dure !
Il est temps pour moi de me remettre dans l'action et de ne plus me laisser enfermer par quoi que ce soit. Même l'amour est une prison parfois.

A lire et faire circuler : le billet d'Etienne Chouard, "Démolition accélérée du droit du travail", reprenant l'autopsie de nos droits faite par Richard Abauzit, ancien Inspecteur du Travail. Nous sommes en train de perdre une à une, dans le plus grand secret, toutes les protections contre les abus de pouvoir que nos grands-parents ont fait inscrire depuis un siècle dans le droit du travail. Et c'est la démocratie que nous sommes en train de perdre en prime.

sortie du désert
Merci Mandryka pour le Concombre Masqué !